SCÈNE VII
PAULESKA, POTEMKIN.
PALLESKA , à part.
Le prince !
POTEMKIN
Pourquoi cet air inquiet et agité , belle comtesse ? craiguez-\ous donc que je ne rappelle un rendez-vous promis à l'un et donne à 1 auUe .-'
PAULESKA.
Prince Potemkin !...
POTEMKIN
Quand je cherchais une espérance , vous m'avez mis face à face avec des souvenirs... Le tour était bien joué, j'en conviens.
PAULESKA.
Croyez que le hasard seul...
POTEMKIN
Point de détours!... la vérité m'est connue... Lowinski vous aime.
PAULESKA.
Une amitié d'enfance nous unit autrefois.
Et , le soir , au clair de lune , il est doux de se rappeler ensemble cette amitié d'enfance.
PAULESKA.
Je ne vous comprends pas , prince.
POTEMKIN
Je vous demande pardon, vous me comprenez très-bien ! Tous craignez mon dépit , et vous avez tort. Aucun reproche ne sortira de ma bouche ; je veux cire généreux jusqu'à l'héroïsme. Maintenant le comte Lowinski ne peut plus se présenter au palais, el, loin de celle qu'il aime...
PAULESKA.
[ Le comte Lowinski ne m'a point parlé d'amour.
POTEMKIN
r est donc bien timide , ou vous êtes bien sévère !... Allons j c'est à moi d'aplanir les obstacles : il va venir.
PAULESKA.
En vérité, prince, je ne sais que penser...
POTEMKIX.
Ma conduite est-elle donc si étrange ? Songez à ma situation, et vous verrez qu'en ra|)procliant de vous le noble Lowinski , en protégeant vos amours , il y a peut-être un peu d'égoïsme dans ma générosité.
PAULESKA.
Je vous entends !
POTEMKIN
Acceptez donc mon secours !... Une parole, un regard de tendresse enchantera le jeune héros, qui ne fut timide qu'auprès de vous, parce que c'est vous seule qu'il aima : ne le repoussez pas , et , en vous fiant à mon amitié , accordez-moi la vôtre. PAULESKA , lui tendant la main.
Elle VOUS est acquise.
POTEMKIN , à part
Je la tiens ! (Haut.) Justement, voici venir le noble Lowinski !