‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 436 sur 560 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

PAULESKA, POTEMKIN, LO'WINSKL

POTEMKIN

Approchez , monsieur le comte , on vous désire ici.

LOWINSKI.

Je me rends à votre invitation , prince ; mais que signifie?...

POTEMKIN

Cela signifie que notre position a changé et que je veux m'expliquer franchement avec vous.

LOWINSKI.

Franchement ?

POTEMKIN

Pourquoi non ? Cela ne tire pas à conséquence. Les moments sont précieux , écoutez-moi : grâce à Dieu , les sentiments que vous inspiriez ont fait place à d'autres ; il est un cœur où l'orgueil l'a désormais emporté sur le caprice , et à présent qu'on vous déteste , moi , je deviens votre ami.

Si c'est la haine que j'inspire aujourd'hui , je la subirai : mais l'honneur parlait, et j'ai fait mon devoir.

POTEMKIN

Ce n'est pas moi qui m'en plaindrai. Venons au fait , j'ai lu dans votre cœur, et j'ai voulu vous prouver l'amitié que j'ai maintenant pour vous, en vous rapprochant de celle dont la voix a réveillé dans votre âme tant de doux souvenirs, tant de vives émotions.

LOWINSKI.

Est-il possible ?

POTEMKIN

Eh ! mon Dieu , oui ! Les barbares sont quelquefois bonnes gens!... Tous êtes interdits tous les deux? vous avez tort... Croyez-moi! cet instant est peutêtre le seul qui vous soit accordé... ne le laissez pas fuir!...

LOWINSKI.

Prince Potemkin , mon âme ne doute point de la vôtre ! . . .

POTEMKIN

{À part. ) Il est pris !... {Haut. ) Je m'éloigne, vous

m'avez entendu, profitez de mon conseil ! Un ami veille sur vous.

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