MARIE , GEORGES
MARTE
Oui, Georges , c'est moi qui ai appris que vous êtes malheureu-x et qui viens pleurer avec vous. GEORGES, essayaot de sourire.
Bonne Marie 1
3IAR1E.
Oh ! ne vous contraignez pas devant moi. Je savais tout, Georges; mais ne craignez rien.
GEOKGES, étonné.
Quoi donc? Marie, vous êtes bien pâle!... D'où venez-vous ? où est mon père ?
MARIE
Il était là !... je l'ai entendu; il disait : mon fils, mon fiis !... je lui serai odieux !
GEORGES, avec effroi.
Il disait cela, Marie?
MARIE
Cela et d'autres mots encore qui m'ont engagée à venir ici ; car je suis votre amie , et je veux une part dans vos chagrins.
GEORGES
Mais qu'y a t-il donc? que me cache-t-on?... Vous êtes instruite, dites- vous? apprenez-moi tout.
MARIE . à pirt.
Ciel ! il ne sait rien? qu'ai-je fait?
Parlerez-vous , Marie? quel est ce malheur? ce malheur que j'ignore et que vous connaissez.
MARIE
Un malheur ! mais je n'ai pas dit cela.
GEORGES
Savez-vous, Marie, quelles idées cruelles vous ave? fait naître?
-MARIE
Calmez-vous , monsieur Georges , calmez-vous , je vous en prie.
GEORGES
Mais enlin que voulez-vous dire? Je devine, je sens qu'il existe un mystère, et je ne vous quitterai pas qu'il ne me soit révélé.
MARIE
Sais-je ce que j'ai dit? j'étais si troublée !... non , non, c'est moi dont l'esprit inquiet s'effraie de tout!... Ne vous alarmez pas de paroles sans suite que je ne me rappelle même plus.
GEOROES, la prenant p.irlamain et h regardant aitpfitivement.
Marie !... je n'avais pas remarqué combien le malheur semble empreint sur tous vos traits !... Qu' est-il donc arrivé depuis deux ans?
MARIE
Oh rien !, . . je suis malheureuse peut-être ; mais au moins je le serai seule.
GEORGES
Ne suis-je donc plus voire ami ? Hier, ma joie
AU
m'enivrait tellement que j'ai pu paraître ingrat; j'avais presque oublié votre amitié pour moi , et aujourd'hui je sens que cette amitié me fait du bien !... Il n'y a que vous ici dont les manières n'aient pas changé !... Et si le malheur venait m'atteindra, c'est à vous seule que j'irais demander des consolations.
MARIE
Ahl Georges!... Émeliue!...