‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 464 sur 560 · MARIE , GEORGES · texte numérisé non relu

MARIE , GEORGES

MARTE

Oui, Georges , c'est moi qui ai appris que vous êtes malheureu-x et qui viens pleurer avec vous. GEORGES, essayaot de sourire.

Bonne Marie 1

3IAR1E.

Oh ! ne vous contraignez pas devant moi. Je savais tout, Georges; mais ne craignez rien.

GEOKGES, étonné.

Quoi donc? Marie, vous êtes bien pâle!... D'où venez-vous ? où est mon père ?

MARIE

Il était là !... je l'ai entendu; il disait : mon fils, mon fiis !... je lui serai odieux !

GEORGES, avec effroi.

Il disait cela, Marie?

MARIE

Cela et d'autres mots encore qui m'ont engagée à venir ici ; car je suis votre amie , et je veux une part dans vos chagrins.

GEORGES

Mais qu'y a t-il donc? que me cache-t-on?... Vous êtes instruite, dites- vous? apprenez-moi tout.

MARIE . à pirt.

Ciel ! il ne sait rien? qu'ai-je fait?

Parlerez-vous , Marie? quel est ce malheur? ce malheur que j'ignore et que vous connaissez.

MARIE

Un malheur ! mais je n'ai pas dit cela.

GEORGES

Savez-vous, Marie, quelles idées cruelles vous ave? fait naître?

-MARIE

Calmez-vous , monsieur Georges , calmez-vous , je vous en prie.

GEORGES

Mais enlin que voulez-vous dire? Je devine, je sens qu'il existe un mystère, et je ne vous quitterai pas qu'il ne me soit révélé.

MARIE

Sais-je ce que j'ai dit? j'étais si troublée !... non , non, c'est moi dont l'esprit inquiet s'effraie de tout!... Ne vous alarmez pas de paroles sans suite que je ne me rappelle même plus.

GEOROES, la prenant p.irlamain et h regardant aitpfitivement.

Marie !... je n'avais pas remarqué combien le malheur semble empreint sur tous vos traits !... Qu' est-il donc arrivé depuis deux ans?

MARIE

Oh rien !, . . je suis malheureuse peut-être ; mais au moins je le serai seule.

GEORGES

Ne suis-je donc plus voire ami ? Hier, ma joie

AU

m'enivrait tellement que j'ai pu paraître ingrat; j'avais presque oublié votre amitié pour moi , et aujourd'hui je sens que cette amitié me fait du bien !... Il n'y a que vous ici dont les manières n'aient pas changé !... Et si le malheur venait m'atteindra, c'est à vous seule que j'irais demander des consolations.

MARIE

Ahl Georges!... Émeliue!...

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