SCÈNE IX
MARIE, Madame de FERRIÈRES, GEORGES, ÉMELINE.
MADAME DE FERRIÈRES , entrant par le fond. Dieu soit loué ! il est encore là.
ÉMELINE.
Marie , retenez-le!... un duel....
MARIE, avec effroi.
Ln duel!...
MADAME DE FERRIÈRES
Il oublie qu'il a une mère.
ÉMELINE.
Oh ! nous l'empêcherons de sortir.
GEORGES , tâcha it de sourire.
Qui vous a dit cela ? Et pourquoi cette terreur ? on vous a trompées !... (A part. ) Et mon père qui ne revient pas.
ÉMELINE.
Je sais tout, moi!... C'est pour son père qu'il va se battre, avec M. d'Olban.
MARIE
Pour son père!...
GEORGES
En supposant que cela fût vrai , vous voyez qu'il n'y aurait pas à balancer.
MADAME DE FERRIÈRES
Crois-tu donc que nous ne t'arrêterons pas ?
GEORGES
Ma bonne mère , il est une limite à votre pouvoir , quoi qu'il n'y en ait pas à ma tendresse ; \ous ne pouvez vouloir que votre fils se déshonore , ni qu'il souffre qu'on déshonore son père.
MARIE , avec explosion.
Quoi !... c'est pour des soupçons contre l'honneur de votre père que vous allez vous battre?
GEORGES
Ne serait-ce pas mon premier devoir ?
BIARIE.
Ah ! madame , ne souffrez pas qu'il s'éloigne ! ( Elle court à la porte et appelle : ) Monsieur de Ferrières!... (Elle revient sur le devant.) Il faut qu'il vienne, qu'il le retienne ici!... Il ne peut pas, il ne doit pas le laisser partir.
GEORGES, à part.
Quelle exaltation !
MADAME DE FERRIÈRES
Monsieur de Ferrières est sorti.
GEORGES
Sorti!... mon père !
ÉMELINE.
Sorti à cheval.
GEORGES
Qu'entends-je ? Ah ! courons !
MARIE , larrêtant.
Sorti... Et il sait que pour lui, pour son honneur vous allez vous battre .... Georges! Georges!... vous ne vous battrez pas!... Tout, plutôt que d'exposer votre vie.
MADAME DE FERRIÈRES
Que dites-vous ?
GEORGES
Marie!...
MARIE
Oh! mon Dieu ! mon Dieu !... Que faire?
GEORGES
Vous expliquerez-vous enfin?
MARIE
Qu'a dit monsieur d'Olban? de quoi accase-t-il
votre père? quels soupçons a-t-il formés ?