SCÈNE
DUBOURG, M. DE FERRIÈRES, jouant à droite; MARIE , derrière la chaise de son père, avec inquiétude; GEORGES, à ébauche.
( La musique a cessé dans le fond ; on ne voit plus les danseurs, ) MARIE , à demi-voix.
Mais c'est assez , mon père...
DUBOURG
Veux-tu bien me laisser tranquille ?
GEORGES , à lui-mcme.
Émeline... le rêve de toute ma vie, l'objet d'un amour idéal auquel j'aurais tout sacrilié... jamais elle ne le partagera... Elle ne peut pas même le comprendre... Douces illusions de bonheur, faut-il déjà vous voir détruites?... (Ses yeux se iouruenl vers Marie, dont les (jestes et la fujure (omoncciit Vcm.rirtr la plus cruelle. )\Jnc autre... Bonne Marie... I\!ais qu'a-t-elle donc ? Quel effroi sur sa figure... Pourquoi ce trouble affreux?... Avec quelle fureur ils jouent... 11 lue semble que Didtourg perd beaucoup?... Ils n'entendent et ne voient, rien. . . {Il se place derrière son père ; Marie est derrière Duhourg.) Mon père... U ne m'écoute pas... Voyons donc...
MARIE
Mon père... entendez-moi...
GEORGES , à part, voyant son père mêler les cartes. Comment?...
nUBOURG.
Sur parole...
GEORGES . à lui-même.
■le me trompe... non, non... cela n'est pas possible.
MAIUE , i son père.
Arrêtez-vous...
GEORGES, à lui-même.
Oh!... c'est une erreur... J y vois mal... {Il voit encore son père battre les cartes. ) Ah!... tout ce que Sa'nt-Surin nous a montré...
( En ce mo:nent , si's yeux rencontrent ceux de Marie ) MARIE , d°i:ne voix étoufrée , répondant à la question que sem» blent lui adresser les regards de Georges. Eh bien! oui...
M. DE FERRIÈRES , instruit , par le geste de Marie , de la pré sence d-; Georges derrière lui.
Vous ici, Georges... Que faites-vous?
DUBOURG
Encore quitte ou double.
GEORGES , allant se ji ter sur le fauteuil à gauche. O mon Dieu !...
M. DE FERRIÈRES, voulant se lever.
C'est assez...
DUBOURG
Non, non... Je veux ma revanche.
MARIE
Au nom tlu ciel , mon père , arrêtez , ne coutinuex pas...
DUBOURG
Tais-toi...
MARIE
Si vous saviez ?...
DUBOURG , s'arrètant étonné.
Quoi donc?
M. DE FERIUÈRES , inquiet.
Eh bien ?
GEORGES, se levant précipitamment.
Ah!...
MARIE , voyant Tcffroi de (leorges , et se rencettant. Mais c'est que vraiment vous jouez trop, mon
père.
DIROIRG , reprenant les cartes.
Va danser, et laisse-moi en repos. ( .1 M. de Ferricres. ) Encore ce coup...
( (leorgei s"csl rassis sur le fauteuil, et cache sa télé d.ins ses
mains. )
M. DE FEIUIIÈIU.S.
Vous le voulez absolument?
AÀO
DUlîOUUC.
Oui, oui... quitte oii double.
( lis jouont avec acliar. emeiii ; la c utredanse est supposée finie d<tns les pièces voisines; tout le moude se rapproche. )