MONDE. -ACTE III
MARIE
Il est allé chez lui chercher la somme due... à monsieur de Ferrières ; moi , je suis restée , car Georges a besom de consolations.
GEORGES
Et c'est vous, Marie, c'est vous... Mais vous oubliez que votre fortune. .
MARIE
Que m'importe ? Elle ne peut rien pour mon bonheur... Vous l'avouerai-je ? J'ai pensé presque avec joie que mon père , forcé maintenant à ne plus s'écarter de son village , me ramènerait dans ces lieux où je fus heureuse.
Et moi aussi , là je crus au bonheur.
MARIE
Si les ressources de mon père étaient détruites par cette perte , mon travail , mes soins lui deviendraient nécessaires, et je pourrais vivre encore, puisque je serais utile au bonheur de quelqu'un... Mais vous ne m'écoutezpas?...
GEORGES , s'approchant d'elle.
Oh! si fait, parlez, Marie, parlez... Votre voix calme mes douleurs ; regardez moi. . . vos regards me font du bien... Hélas ! personne ne m'aime. MARIE , d'un ton de tendre reproche.
Et c'est près de moi que vous osez dire cela. . .
GEORGES
Mais cet or... Vous ne l'ignorez point, Marie... Votre père ne le doit pas...
MARIE , lui mettant la main sur la bouche. Silence !... C'est un affreux secret I.,.
GEORGES
Vous le saviez?...
MARIE
J'ai voulu l'oublier.
k GEORGES.
Mais...
MARIE
N'est -il pas le père de Georges?
D'autres le savent-ils ?
MARIE
Non !... Moi seule!... Il y a un mois, un étrange hasard me l'a révélé.