SCÈNE VIIÎ
SAINT SURTX, ÉMELINE, Madame de FER- RIÈRES , M, DE FERRIÈRES , MARIE , DUBOURG.
MARIE , allant au-devant de son père qui rentre par la porte de droite.
Mon père!...
DDBOURG, à sa fille.
Eh bien ! quoi , tu pleures?... Il faut avoir du courage!... M. de Ferrières, voilà tout ce que je vous dois.
( Il lui donne un portefeuille. )
M. DE FERRIÈRES
Tout y est-il ?
DUBOURG
Tout!...
M. DE FERRIÈRES, souriant.
Il me semble, voisin, que toutes vos spéculations ne sont pas heureuses ? qu'en dites-vous ? GEORGES, à part.
M. DE FERRlii:RES, donnant le portefeuille à Maiie. Tenez , Marie.
MARIE
Monsieur...
GEORGES
Ah!..
M. DE FERRIÈRES
Prenez , et rendez- le à votre père , en l'engageant à ne pas risquer une autre fois la dot de .sa fille sur une carte. Mais, prenez donc !
SAINT-SURIN
Voilà qui est admirable !
M. DE FERRIÈRES
Eh bien?...
DUBOURG
Est-ce sérieux ?
M. DE FERRIÈRES
J'ai voulu vous donner une leçon, car vous deveniez joueur!... Vous vous seriez ruiné!... Convenez que je vous ai fait passer un mauvais moment.
DUBOURG
Je l'avoue !... mais je ne sais pas si je dois reprendre tout cela... car c'était loyalement gagné.
Recevez-le des mains de Marie! ... Je vous demande en même temps de vouloir bien associer mon fils à vos entreprises , et de lui servir de père pendant le long voyage que je vais entreprendre.
TOUS
Un voyage!... Comment?
M. DE FERRIÈRES
Une lettre que Georges a reçue l'obligeait à partir pour l'Inde ; eh bien ! j'irai à sa place!... Les intérêts de notre fortune l'exigent. (Bas à son fis.) Es-tu content , Georges ?
GEORGES
Mon père!...
MADAME DE FERRIÈRES
Vous éloigner ainsi!...
M. DE FERRIÈRES, passant entre son (ils et sa femme. Je le dois ; mais nous nous reverrons ! votre fils vous reste , et Dubourg voudi-a bien veiller sur ma famille.
DUBOURG, regardant Marie et Georges.
Ah ! s'il était possible qu'elle devînt la mienne; si je pouvais m'acquitter ?...
M. DE FERRIÈRES
Mais...Emeline...
ÉMELINE.
J'ai deviné le .secret de Marie : Georges , vous m'avez rendu ma parole , je la reprends.
GEORGES, désignant Marie.
Mon père , voilà voire fille.
SAIXT-SURIN , à Éraeline.
Que je suis heureux !
DUBOURG , à M. de Ferrières.
Vous êtes le plus honnête homme que j'aie rencontré ! et si l'Académie faisait justice, c'est à vous qu'elle donnerait le prix de vertu.
'^il^cg)!
MARIE DE BRADANT,