‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 75 sur 560 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

MANFREDI, VERRINA, FONDT , Séxatel rs.

Te voilà, cber Fondi !... Que vois-je ? sur ton front Je crois lire...

FOM)!.

L'espoir de venger notre affront.

VERRINA

Que dis-tu? Cet espoir, Fondi , qui l'a fait naître?

FOXDI.

Les Génois indignés ne veulent plus de maître?

VERRINA

Comment?... et quel garant?...

FONDI

Furieux , égaré .

De vous, de Manfredi , je m'étais séparé ; Nourissant dans mon cœur une baine profonde , Seul , j'errais dans les lieux où la misère abonde . Et de Gêne, à pas lents, j'atteignais les remparts; Soudain j'entends du bruit .je vois de toutes parts De nombreux citoyens s'assembler en tumulte ; Ardents à prodiguer la menace et l'insulte , Les uns d'Octavio dénoncent l'attentat; D'autres parlent du peuple et des droits du sénat; Dans les cœurs irrités la révolte fermente ; On marcbe, on s'interroge, et la foule s'augniente ; Et je vois s'y mêler ces bommes turbulents , Souvent de leurs travaux déserteurs insolents Qui , couverts de baillons , à la misère en proie , Pour parer notre orgueil , tressent l'or et la soie ; Ils poussaient jusrpi'au ciel des cris audacieux ; J'accours !... D'un bienfaiteur qui se caclie ànosyeux Leur ricbesse d'un jour trabissait lopulence ; Je m'attache à leurs pas , et j'écoute en silenee ; Leurs discours ont bientôt confirmé mon soupçon Et leur reconnaissance a prononcé son nom.

Quel est-il ?

FONDI

Fiesque.

MANFREDI

Fiesque !

FONDI

On le vante , on llionore ; Ses bienfaits cacbcnt-ils un projet (jue j'ignore? Ou veut-il seulement , par de généreux soins , De ces infortunés prévenir les besoins ! Je ne sais , Verrina , mais de son assistanee Vous avez , comme moi , reconnu l'importance ; Pour abattre un pouvoir (|u'il est temps de punir. Il faut à nos complots le forcer tie s'unir. Et révélant enfin l'ardeur qui norts enflamme, D'un regard scrutateur interroger son âme.

VERRI.NA.

J'y souscris.

MANFREDI

Mais comment pénétrer ses secrets?

vriuuxA.

Nous pouvons les connaitro et les moyens sont prêts.

FIESQUE. — ACTE 111

MANFREDI

Expliquez-vous , mon père ! i

VERRIXA , les dirigeant vers un tableau voilé.

Approchez : sous ce voile, i Un immortel pinceau fit respirer la toile ; |

Là , de Boccanera renversant le pouvoir , De nos braves aïeux s'arme le désespoir ; j

Ainsi que Doria trompant Gênes flétrie , Boccanera jadis enchaîna sa patrie ; Un Fiesque dans son sein enfonça le couteau ! La chute du tyran revit dans ce tableau ; Là. le glaive à la main, ses nombreuses victimes Lui viennent demander compte de tous ses crimes, Et l'arrachent du trône où siégeait son orgueil ; |

Tandis que , dépouillés de leurs habits de deuil , Des femmes , des enfants , en essuyant leurs larmes, Rendent grâces à Dieu du succès de leurs armes ! Ce chef-d'œuvre inconnu, que je cache en ces lieux , Des oppresseurs de Gène eût offensé les yeux; i

Avec ces fiers Génois le cœur d'intelligence |

Frémit à leur aspect de haine et de vengeance : i

Fiesque aisément s'enllamme aux merveilles des arts, Sur ce tal)leau terril)le appelons ses regards ! D'une grande action l'image retracée Vers de nobles desseins emporte sa pensée; Qu'il regarde! et bientôt ses sentiments secrets Devanlnous, malgré lui, passeront sur ses traits.

MANFREDI

De ce fragile espoir qu'attendez-vous ?

VERRIN.V.

Peut-être D'un premier mouvement il ne sera pas maître , Son trouble, un geste, un mot, le peuvent découvrir : Ce seul moyen nous reste, il y faut recourir.

MANFREDI

Qu'il se déclare enfin !

VERIUNA.

Je Taltends : voici l'heure Où sa jeune amitié visite ma demeure, Voyous s'il plaint les maux de ses concitoyens. Le voici! Que vosyeux s'attachent sur les siens.

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