SCÈNE IV
Les Mêmes, FIESQUE.
FIESQUE
Eh bien ! cher Verrina , ton àme consternée Vers des pensers plus doux est-elle ramenée ? Je veux aux noirs chagrins qui consument tes jours De mes soins assidus apporter les secours. Ne les rejette pas! que ma voix te console ! L'amitié reste an moins quand le bonheur s'envole.
VERRINA
Je rends grâce à tes soins, Fiesque, et tout est change"; Ce peuple par nos bras ne peut être vengé , Nous nous flattions en vain de bannir ses alarmes : Eh bien! de tes conseils nous savourons les charmes. C'en est fait , désormais à de nobles plaisirs Nous voulons , comme toi, consacrer nos loisirs; Fiescpie des jours passés de notre antique gloire Ne nous entendra plus fatiguer sa mémoire , Et j'allais , entouré des prestiges des arts , D'un immortel chef-d'œuvre enchanter leurs regards. Viens , et devant la toile où frémit leur courage, Aux héros avec nons apporte ton hommage.
( Il découvre le tableau. ) Regarde.
MANFREDI, à part.
( Aux sénateurs. ) A nos soupçons il ne peut échapper.
FIESQUE , à part.
On m'observe.
VERRINA , devant le tableau avec exaltation.
Regarde ! ils sont prêts à frapper !
Sous leur courroux vengeur Boccanera succombe , Reconnais ton aïeul ! Il l'entraîne à la tombe ! Génois , rangez-vous tous près de vos défenseurs, Frappez!. ..VengeanceàGêneetmort aux oppresseurs! Aux pleurs des citoyens quels cœurs seraient rebelles? Vois, Fiesqtie, ils sont armés!
FIESQUE , indiquant du geste un groupe de femmes placé dans le tableau.
Que ces femmes sont belles !
VERRÎNA.
Qu'entends-je?...
MANFREDI
Fiesque!...
FOISDI.
A insi , tout espoir est perdu !
FIESQUE. —ACTE IIJ
VERRmA.
Eh bien ! braves Génois , vous l'avez entendu ? Le voilà ce héros , ce guerrier magnanime , Pour venger son pays choisi par votre estime ! Ne l'admirez-vous pas?...
MANFREDI
Qu'est-il besoin de lui ?
Génois , c'est trop longtemps implorer son appui !... Du peuple, au sein desxeux, qu'il dédaigne les larmes, Le courage nous reste , et nous avons des armes !
VKRIIINA.
Oui, Fiesque , c'en est fait, le mépris...
FIESQUE
Le mépris!...
Insensés !... Mais dis-moi, n'entends-tu pas des cris ? i\'ont-ils pas retenti dans ton âme troublée? Vois, une femme accourt , tremblante, échevelée, C'est ta fdie !
VERRINA
Rerla !