‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 79 sur 560 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

FIESQUE, HASSAN

HASSAN

De mon repos je me plains à mon maître ; Fiesque n'a-t-il donc rien à me faire connaître ? Tons ses ordres déjà m'ont-ils été donnés ?

HKSQUK.I

Non, pas encore.

HASSAN'

Eh bien ! je suis prêt , ordonnez.

FIESQUE

Dans les murs de Yoltry , Hassan , tu vas te rendre.

HASSAN

Qu'entends-je?untelmessageadroitdemesuprendre.

FIESQUE

De ton bras en ce lieu mes projets ont besoin.

HASSAN

Pour servir vos projets faut-il aller si loin ?

FIESQUE

Là , t'attend un guerrier qui , dirigeant ton zèle, T'instruira des devoirs où mon ordre t'appelle.]

HASSAN

Quoi ! le sort des Génois se décide aujourd'hui , Fiesque est prêt à frapper, et m'écarte de lui ! Quel est donc son dessein? quand, près d'ouvrir la lice, Parmi des jeux trompeurs la révolte se glisse , Pourquoi loin des Génois exiler mon poignard ? Dans ce débat sanglant je réclame ma part. Si j'ai de vos bienfaits accepté l'esclavage ; A votre ambition dévouant mon courage , Si je suis l'instrument de ces hardis projets Qui mènent au supplice ou donnent des sujets , Pensez-vous qu'un peu d'or à vos ordres m'enchaîne ? Non : mon cœur ulcéré n'obéit qu'à sa haine ; Proscrit par les Génois, je voulus les punir ; J'adoptai vos complots : tout doit nous réunir. Il faut qu'on dise un jour du couchant à l'aurore : « Fiesque voulait régner; il rencontre le Maure , 1) D'un peuple entier par eux le destin est changé , » Ils frappent; Fiesque règne, elle Maure est vengé! » Pourquoi nous séparer ? l'intérêt nous rassemble , Je ne vous quitte pas ! nous conspirons ensemble !

FIESQUE, à part.

Quel opprobre? et pourtant il le faut ménager !

(Haut.)

Hassan nj'a mal compris : lui ? rester étranger

FIESQUE. —ACTE IV

A ces nobles exploits que rcve ma vaillance !...

Non; il a mcrité toute ma confiance.

Sans lui me livrerais-je à l'espoir de régner ?

De ma vue un moment s'il me faut Téloigner,

C'est un poste d'honneur que j'offre à son courage ,

Et de son dévoûment j'attends encor ce gage ;

Qu'il se rende à Voltry.

HASSAN

Je vous dois obéir :

Par l'orgueil des Génois instruit à les haïr, J'espérais que leur sang laverait mon injure ; Vous condamnez ce vœu ? pardonnez , je l'abjure ; Mon bras vous est utile ailleurs qu'en ces remparts ; Vos ordres sont mes lois : vous commandez , je pars.

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