SCÈNE PREMIERE
FONDl , LÉONOR.
FOXDI.
Jusqu'au palais ducal quel dessein vous amène ? Quoi ! Madame, c'est vous ? Dans les remparts de Gêne Les cris de la vengeance el les sons du beffroi Sèment de tous côtés la menace et l'effroi. De Fiesqne et des Génois le destin se décide; "Vous avez pu braver cette nuit liomicide ?
LÉONOR
Parlez , que dois-je craindre, et quêtait mon époux?
FO.NDl.
U nous guide , il combat , il triomphe aA ec nous ! A sa voix , à son nom, se lève un peuple immense ; De nos fieis oppresseurs le châtiment commence : En vain Octavio qu'éveillent ses dangers S'environne tremblant de soldats étrangers ; En vain de ce palais leurs serviles cohortes Contre nous un moment ont défendu les portes : Ils n'ont pu résister ; j'en suis maître, et je dois Attendre dans ce lieu le vengeur des Génois; Déjà de Doria qu'entourait son hommage Le peuple aux pieds de Fiesqne a renversé l'image. Vers d'immortels honneurs votre époux s'élançant...
LÉONOR
Je maudis des honneurs que i)eut payer son sang. De (piel présage affreux mon âme est poursuivie ! Dans un instant peut-être il va tomber sans vie. 11 m'appelle !... Courons ! Que le glaive assassin Se trompe de victime et rencontre mon sein ! Cher époux! je me li\re au coup qui te menace : Où Fiesqne est en danger le ciel marque ma place.
l'ONDI.
Demeurez !
LÉONOR
Laissez-moi , n'arrêtez point mes pas.
FONDI
Le trépas est partout.
LÉONOR
Qu'importe le trépas?
Défendons mon époux , que j'expire et qu'il vive !
FONDI
D'un mourant près d'ici j'entends la voix plaintive ; Un long cri de fureur arrive jusqu'à nous ; On approche , écoutez.
LÉONOR
Ils frappent mon époux !
FONDl.
INon, non, c'est Manfredi.