SCÈNE PREMIÈRE
LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL, INÈS
Inès.
Si la naissance de Monsieur de Frescas est obscure, je saurai, ma mère, renoncer à lui ; mais, de votre côté, soyez assez bonne pour ne plus insister sur mon mariage avec le marquis de Montsorel.
La Duchesse de Christoval.
Si je repousse cette alliance insensée, je ne souffrirai pas non plus que vous soyez sacrifiée à l'ambition d'une famille.
Inès.
Insensée ? qui le sait. Vous le croyez un aventurier, je le crois gentilhomme, et nous n'avons aucune preuve à nous opposer.
La Duchesse de Christoval.
Les preuves ne se feront pas attendre. Les Montsorel sont trop intéressés à dévoiler sa honte.
Inès.
Et lui ! m'aime trop pour tarder à vous prouver qu'il est
digne de nous. Sa conduite, hier, n'a-t-elle pas été d'une noblesse parfaite ?
La Duchesse de Christoval.
Mais, chère folle, ton bonheur n'est-il pas le mien ? Que Raoul satisfasse le monde, et je suis prête à lutter pour vous1 contre les Montsorel à la cour d'Espagne.
Inès.
Ah ! ma mère, vous l'aimez donc aussi ?
La Duchesse de Christoval.
Ne l'as-tu pas choisi ?