SAINT-CHARLES, LA DUCHESSE DE MONTSOREL, MADEMOISELLE DE VAUDREY
Saint-Charles s'efface pour laisser passer les deux femmes, il reste en haut de la scène, pendant qu'elles la descendent.
Mademoiselle de Vaudrey.
Vous êtes bien abattue ?
La Duchesse de Montsorel, se laissant aller dans un fauteuil.
Morte ! plus d'espoir ! vous aviez raison.
Saint-Charles, s"1 avançant.
Madame la duchesse.
La Duchesse de Montsorel.
Ah ! j'avais oublié ! Monsieur, il m'est impossible de vous accorder le moment d'audience que vous m'aviez demandé. Demain... plus tard.
Mademoiselle de Vaudrey, à Saint-Charles. Ma nièce, Monsieur, est hors d'état de vous entendre.
Saint-Charles.
Demain, Mesdames, il ne serait plus temps ! la vie de votre fils, le marquis de Montsorel, qui se bat demain avec Monsieur de Frescas, est menacée.
La Duchesse de Montsorel.
Mais ce duel est une horrible chose !
Mademoiselle de Vaudrey, las à la duchesse. Vous oubliez déjà que Raoul vous est étranger.
La Duchesse de Montsorel, à Saint-Charles. Monsieur, mon fils saura faire son devoir.
Saint-Charles.
Viendrais-je, Mesdames, vous instruire de ce qui se cache toujours à une mère, s'il ne s'agissait que d'un duel ? votre fils sera tué sans combat. Son adversaire a pour valets des spadassins, des misérables, auxquels il sert d'enseigne.
La Duchesse de Montsorel.
Et quelle preuve en avez-vous ?
Saint-Charles.
Un soi-disant intendant de Monsieur de Frescas m'a offert des