acte v, scène
La Duchesse de Montsorel, à Mademoiselle de Vaudrey.
Oh ! jamais pareille torture n'a brisé le cœur d'aucune mère.
Saint-Charles, à part.
De quel côté passer ? à la femme ou au mari.
Monsieur, la somme que vous me demanderez29 est à vous si vous pouvez me prouver que Monsieur Raoul de Frescas...
Saint-Charles.
Est un misérable ?
La Duchesse de Montsorel.
Non, mais un enfant...
Saint-Charles30.
Le vôtre, n'est-ce pas ?
La Duchesse de Montsorel, s'oubliant.
Eh bien, oui ! Soyez mon sauveur, et je vous protégerai toujours, moi31. (A Mademoiselle de Vaudrey.) Eh ! qu'ai-je donc dit ? (A Saint-Charles.) Où est Raoul ?
Saint-Charles.
Disparu ! Et cet intendant qui a fait faire ces actes, rue Oblin, et qui sans doute a joué le personnage de l'envoyé du Mexique, est un de nos plus rusés scélérats. (La duchesse fait un mouvement.) Oh ! rassurez-vous, il est trop habile pour verser du sang ; mais il est aussi redoutable que ceux qui le prodiguent ! Et cet homme est son gardien.
La Duchesse de Montsorel.
Ah ! votre fortune contre sa vie.
Saint-Charles.
Je suis à vous, Madame. ( A part.) Je saurai tout, et pourrai choisir.