‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 198 sur 632 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

La scène représente une mansarde, et l'atelier d'une fleuriste1. Au lever du rideau, Paraéla travaille et Joseph Binet est assis. La mansarde va vers le fond du théâtre2, la porte est à droite, à gauche une cheminée : la mansarde est coupée de manière à ce qu'en se baissant un homme puisse tenir sous le toit au fond de la toile, à côté de la croisée3.

[SCÈNE PREMIÈRE

[PAMÉLA, JOSEPH BINET, puis JULES ROUSSEAU4.]

Paméla.

Monsieur Joseph Binet ?

Joseph Binet.

Mademoiselle Paméla Giraud ?

Paméla.

Vous voulez donc que je vous haïsse ?

Joseph Binet.

Dam ! si c'est le commencement de l'amour ! haïssez-moi.

Paméla.

Ah ! çà, parlons raison.

284 paméla giraud.

Vous ne voulez donc pas que je vous dise combien je vous aime !

Paméla.

Ah, je vous dis tout net5, puisque vous m'y forcez, que je ne veux pas être la femme d'un garçon tapissier.

Joseph Binet.

Est-il nécessaire de devenir Empereur, ou6... enfin quelque chose comme ça ! pour épouser une fleuriste.

Paméla.

Non, il faut être aimé, et je ne vous aime d'aucune manière.

Joseph Binet.

D'aucune manière ? Je croyais qu'il n'y avait qu'une manière d'aimer7.

Paméla.

Oui8, mais il y a plusieurs manières de ne pas aimer. Vous pouvez être mon ami sans que je vous aime.

Joseph Binet.

Oh!

Paméla.

Vous pouvez m'être indifférent.

Joseph Binet.

Ah9!

Paméla.

Vous pouvez m'être odieux, et dans ce moment vous m'ennuyez, ce qui est pire10.

Joseph Binet.

Je l'ennuie !... Moi qui me mets en cinq11 pour faire tout ce qu'elle veut12.

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