‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 2 sur 632 · acte i, scène · texte numérisé non relu

acte i, scène

La Duchesse.

Eh ! que m'importe ! en un moment j'ai jeté le cri de la révolte !... mais je ne veux pas vous retenir davantage, je vous parlerais de lui jusqu'au jour ! vous le verrez, je lui ai dit de venir à l'heure où Monsieur de Montsorel va chez le roi. Si c'est mon Fernand, l'enfant désavoué par son père, l'enfant que je pleure depuis vingtdeux ans, on verra ce que peut une mère, une femme injustement accusée2.

Vous ne pourrez dormir, calmez-vous de grâce.

La Duchesse, sonne.

Il faut avoir pitié de Félicité qui n'est pas accoutumée à veiller.

Entre une femme de chambre.

FÉLICITÉ

Monsieur le duc rentre avec Monsieur le marquis.

La Duchesse.

Je vous ai déjà dit Félicité de ne pas m'instruire de ce qui se passe chez Monsieur... allez...

Mademoiselle de Vaudrey.

Ne vous abandonnez pas à un espoir aussi frivole, le hasard des ressemblances est cause de mille méprises et quand je vois la hauteur à laquelle vous vous élevez je crains une chute horrible. En tombant de trop haut l'âme se brise aussi bien que le corps ; si vous m'en croyez Louise, vous prendrez comme vous l'avez fait souvent, un peu d'opium !...

La Duchesse.

Il ne m'endormirait pas !... à bientôt.

Mademoiselle de Vaudrey, regardant la duchesse s'en aller. Elle deviendra folle si elle se trompe.

La Duchesse, revenant.

Ma tante, Fernand se nomme Raoul de Frescas !

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