‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 203 sur 632 · PAMÉLA, JULES ROUSSEAU · texte numérisé non relu

PAMÉLA, JULES ROUSSEAU

Paméla.

Monsieur Adolphe, vous voyez à quoi vous m'exposez ? Ce pauvre garçon est un ouvrier plein de cœur, il a un oncle assez riche pour l'établir, il veut m'épouser, et en un moment j'ai

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perdu mon avenir. Et pour qui ? Je ne vous connais pas, et à la manière dont vous jouez l'existence d'une jeune fille81 qui n'a pour elle que sa bonne conduite82, je devine que vous vous en croyez le droit, vous êtes riche et vous vous mocquez des pauvres83.

Jules Rousseau.

Non, ma chère Paméla, je sais qui vous êtes, je vous ai appréciée, je vous aime, je suis riche, et nous ne nous quitterons jamais... Ma voiture de voyage est chez un ami à la porte84 Saint-Denis, nous irons85 la prendre à pied, je dois m'embarquer86 pour l'Angleterre, et tout en marchant je vous expliquerai mes intentions, car le moindre retard peut me coûter...

Paméla.

Quoi?

Jules Rousseau.

La tête ! et vous verrez87...

Êtes-vous dans votre bon sens, Monsieur. Après m'avoir suivie pendant quinze jours88, m'avoir vue deux fois au Bal, et m'avoir écrit des déclarations comme les jeunes gens de votre sorte en font89 à toutes les femmes90, vous venez me proposer de but en blanc un enlèvement.

Jules Rousseau.

Ah ! mon Dieu, vous me livrez au bourreau91, vous vous repentirez de ceci toute votre vie, et vous vous apercevrez92 trop tard de la perte que vous aurez faite.

Paméla.

Mais, Monsieur, tout peut se dire en deux mots.

Jules Rousseau.

Non, quand il s'agit d'un secret d'où dépend la vie de plusieurs hommes.

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