‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 204 sur 632 · prologue, scène · texte numérisé non relu

prologue, scène

Paméla.

Mais, Monsieur, s'il s'agit de vous sauver la vie, quoique je n'y comprenne rien, et qui que vous soyez, je ferai bien des choses ; mais de quelle utilité puis-je vous être dans votre fuite... Pourquoi m'emmener en Angleterre ?

Jules Rousseau.

Mais enfant, l'on ne se défie pas de deux amants qui s'enfuient93, et enfin je vous aime assez pour oublier tout et encourir la colère de mes parents. Une fois mariés à Gretna-Green94...

Paméla [, à part].

Est-ce un prince ! ou un voleur, un banquier en faillite, ou un farceur95 ?...

Jules Rousseau.

On monte ! Je suis perdu ! vous m'avez livré...

Mon Dieu ! Son accent prouve que j'ai tort, il y a quelqu'affreux mystère96... Je vais voir.

Jules Rousseau.

En tout cas, prenez ces cinquante mille francs97 sur vous, ils seront plus en sûreté qu'entre les mains des alguazils98 et de la Justice... Je n'avais qu'une demi-heure... et... tout est dit.

Paméla.

Ne craignez rien, c'est mon père et ma mère99 !

Jules Rousseau.

Vous avez de l'esprit comme un ange, je me fie à vous, mais songez qu'il faut sortir d'ici, sur-le-champ, tous deux, et je vous jure ma foi d'homme, qu'il n'en résultera rien que de bon pour vous...

294 PAME LA GIRAUD.

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