JOSEPH BINET64, MADAME ROUSSEAU
MADEMOISELLE DU BROCQUARD.
DUPRÈ.
Mesdames, voici la mère de Mademoiselle Paméla.
Madame, Monsieur vous a sans doute dit le sacrifice que nous attendons de Mademoiselle votre fille, il n'y a qu'un ange qui puisse le faire66.
Joseph Binet.
Quel sacrifice ?
Madame Giraud.
Celui de son honneur et sa réputation, et cela vous regarde un peu, mon garçon, (à Binet) tu peux tirer ton épingle du jeu67.
Mademoiselle du Brocquard.
Mais nous l'en récompenserons de manière à la rendre heureuse pour le reste de ses jours.
Madame Giraud68.
Madame chicane un peu moins69 que Monsieur.
DUPRÈ.
Vous croyez70 ?...
Madame Rousseau.
Mais votre chère Paméla71 sera comme ma fille.
Madame Giraud.
Elle peut l'être tout à fait, votre fils, Madame, avait l'intention de l'épouser...
Mademoiselle du Brocquard72.
Vraiment ?
Madame Rousseau.
Ma sœur ! il faut73 nous résigner à tout pour sauver Jules...
Joseph Binet.
Épouser Paméla, mais j'ai votre parole, Madame Giraud, et certes74 je ne laisserai rien faire75 ! Je dirai tout ce qui se passe... ah, moi qui donnais76 ce matin ma fortune quinze cents francs pour que77 Monsieur Jules Rousseau n'ait que quinze ans de déportation...
Mademoiselle du Brocquard.
Mais nous ne nous opposons pas à ce que vous épousiez Mademoiselle Paméla, nous venons lui offrir une grosse dot.
Duprè.
Dans un moment ils ne s'entendront plus...
Madame Giraud.
Quelle femme.
Mademoiselle du Brocquard.
Monsieur connaît nos intentions.
Madame Giraud.
On ne marie pas ses filles78 avec des intentions, et quand elle aura laissé croire79 devant la justice que Monsieur Jules...