MONSIEUR ROUSSEAU, MADEMOISELLE DU BROCQUARD
Monsieur Rousseau.
Il est sauvé3, sa mère le ramène4...
Mademoiselle du Brocquard.
Non5 seulement il est sauvé, mais il est resté très intéressant aux yeux de tous ceux qui aiment l'Empereur, il est devenu presque un personnage, et à son âge, c'est quelque chose ! Avec nos deux fortunes6, il peut prétendre encore à tout, et la main de Mademoiselle de Vassy lui sera accordée. 11 fera quelques soumissions au gouvernement, vous vous ferez nommer député, vous voterez bien et vous demanderez pour votre récompense la réversibilité7 du titre et de la pairie de Monsieur de Vassy sur la tête de son gendre.
Monsieur Rousseau.
Dieu le veuille ! Après le plaisir d'avoir sauvé un fils unique, vient le compte de ce qu'il nous coûte... Une rente viagère de mille francs à servir ... pendant soixante ans...
Mais pourquoi ?
Monsieur Rousseau.
Elle est réversible sur la tête de cette petite...
Mademoiselle du Brocquard.
Oh ! ils se sont fait bien payer, ces gens-là, d'abord rien pour rien, ils n'ont pas les moindres sentiments.
Monsieur Rousseau.
Cinquante mille francs à Monsieur Duprè...
Mademoiselle du Brocquard.
Cinquante mille francs...
Monsieur Rousseau.
Oui... je les lui ai promis, dans ces moments-là, je n'avais pas ma tête... Il n'y avait que vous, ma chère belle-sœur, qui aviez conservé la vôtre... et ma foi... ces avocats ils profitent de tout !... Et quelque riche qu'il soit il m'a fort bien dit : Je les accepte... On se prétend misanthrope, mais on prend8... Et d'ailleurs, il les a gagnés... il a sauvé Jules...
Mademoiselle du Brocquard.
Soixante-dix mille francs !... Une année de nos revenus...
Monsieur Rousseau.
Vous avez promis à la petite Paméla, quelque chose...
Mademoiselle du Brocquard.
Une dot.
Monsieur Rousseau.
Une dot !... Mais c'est énorme.
Il y a toutes sortes de dots. Je la proportionnerai9 à sa condition...