SCÈNE VIII
LES PRÉCÉDENTS, DUPRÈ.
DUPRÈ.
Je suis votre serviteur...
Monsieur Giraud.
Je vous présente Monsieur comme notre meilleur ami. Il est comme un second père pour Paméla et je ne disposerais de rien sans lui. J'ai des millions, eh bien, il les a, et s'il m'en demandait la moitié, je ne lui dirais pas : pourquoi faire ? Je lui dirais : prends Dupré, prends...
Duprè.
Croyez, Monsieur Giraud, que je sais apprécier la manière dont vous portez votre fortune, et elle ne vous a pas gâté le cœur...
Madame Giraud68.
Au contraire...
Eh bien, vous avez bien dit ça, mon brave : il est vrai que j'ai de beaux équipages, des domestiques à grandes cannes, et un cocher anglais à capricorne et perruque poudrée... mais je crois devoir cela à mon pays, un riche doit dépenser sa fortune, faire travailler les ouvriers... et69 ceux qui diraient : voyez les Giraud ! ils veulent briller... Eh bien, pas du tout, le père Giraud fait vivre tout le monde... car, tenez, entre nous soit dit... les grands dîners, eh bien ça m'assomme. Quand je suis seul avec ma vieille, nous mangeons la soupe aux choux et au lard et le bouilli raccommodé aux petits oignons... là, comme autrefois !...
Monsieur Rousseau, à Duprè.
Eh bien, Monsieur, cette simplicité, cette bonhomie, me touchent...