‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 309 sur 632 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE CAPITAINE DES GARDES, QUINOLA, enveloppé dans son manteau, UN HALLEBARDIER.

Le Hallebardier, il barre la porte à Quinola. On n'andre bointe sans en affoir le troide. Ki ê dû1 ?

Quinola, levant la hallebarde.

Ambassadeur. (On le regarde.)

Le Hallebardier.

T'où?

Quinola, il passe.

D'où ! Du pays de misère2.

Le Capitaine des Gardes.

Allez chercher le majordome3 du palais pour rendre à cet ambassadeur-là les honneurs qui lui sont dus. (Au hallebardier.) Trois jours de prison.

Quinola, au capitaine.

Voilà4 donc comment vous respectez le droit des gens ! Écoutez,

Monseigneur, vous êtes bien haut, je suis bien bas, avec deux mots, nous allons nous trouver de plain-pied.

Le Capitaine.

Tu es un drôle très drôle.

Quinola, le prend à part.

N'êtes-vous pas le cousin5 de la marquise de Mondéjar ?

Le Capitaine.

Après ?

Quinola.

Quoiqu'en très grande faveur, elle est sur le point de rouler dans un abîme... sans sa tête6.

Le Capitaine.

Tous ces gens-là font des romans !... Écoute ? tu es le vingtdeuxième, et nous sommes au dix du mois, qui tentes de s'introduire ainsi près de la favorite pour lui soutirer quelques pistoles. Détale... ou sinon...

Quinola.

Monseigneur, il vaut mieux parler à tort vingt-deux fois7 à vingtdeux pauvres diables, que de manquer à entendre celui qui vous est envoyé par votre bon ange ; et vous voyez, qu'à peu de chose près (il ouvre son manteau), j'en ai le costume.

Le Capitaine.

Finissons, quelle preuve donnes-tu8 de ta mission ?

Quinola, lui tend une lettre.

Ce petit mot, remettez-le vous-même pour que ce secret9 demeure entre nous, et faites-moi pendre si vous ne voyez la marquise tomber en pâmoison à cette lecture. Croyez que je professe10, avec l'immense majorité des Espagnols, une aversion radicale pour... la potence.

(JUINOLA.

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