‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 322 sur 632 · PROLOGUE, SCÈNE · texte numérisé non relu

PROLOGUE, SCÈNE

Philippe IL Mon devoir est de l'interroger.

Le Grand-Inquisiteur.

Le mien est de faire respecter les privilèges du Saint-Office.

Philippe IL

Je les connais. Obéis et tais-toi. Je te dois un otage, je le sais... (Il regarde.) Où donc est le duc d'Olmédo ?

Quinola, à part.

Aye ! aye !

La Marquise, à part.

Nous sommes perdus.

Le Capitaine des Gardes.

Sire, le duc n'est pas encore... arrivé...

Philippe II.

Qui lui a donné la hardiesse de manquer aux devoirs de sa charge ? (A part.) Il me semble que l'on me trompe. (Au capitaine des gardes.) Tu lui diras, s'il arrive, que le roi l'a commis à la garde d'un prisonnier du Saint-Office. (Au Grand-Inquisiteur.) Donnez un ordre.

Le Grand-Inquisiteur.

Sire, j'irai moi-même72.

La Reine. Et si le duc ne vient pas ?...

Philippe IL

Il serait donc mort. (Au capitaine.) Tu le remplaceras dans l'exécution de mes ordres73.

Il passe.

La Marquise, à Quinola.

Cours chez le duc, qu'il vienne et se comporte comme s'il n'était pas mourant74. La médisance doit être une calomnie...

Quinola.

Comptez sur moi, mais protégez-nous. (Seul.) Sangodémi, le roi m'a paru charmé de mon invention de Notre-Dame-del-Pilar, je lui fais vœu... de quoi ?... Nous verrons après le succès75.

Le théâtre change et représente un cachot de l'Inquisition76.

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