PROLOGUE, SCÈNE
centre. Ne vois-tu pas qu'il s'agit de réaliser la domination universelle que voulait mon glorieux père... (A Fontanarès.) Donc, grand d'Espagne de première classe135, et je mettrai sur ta poitrine la Toison-d'Or : tu seras enfin grand-maître des constructions navales de l'Espagne et des Indes... (A un ministre.) Président, tu expédieras aujourd'hui même, sous peine de me déplaire, l'ordre de mettre à la disposition de cet homme, dans notre port de Barcelone, un vaisseau à son choix, et... qu'on ne fasse aucun obstacle à son entreprise.
Sire...
Que veux-tu ?
Quinola.
Philippe IL
Quinola.
Pendant que vous y êtes, accordez, Sire, la grâce d'un misérable nommé Lavradi136, condamné par un alcade137 qui était sourd.
Philippe IL Est-ce une raison pour que le roi soit aveugle138 ?
Quinola.
Indulgent, Sire, c'est presque la même chose.
Fontanarès.
Grâce pour le seul homme qui m'ait soutenu dans ma lutte139.
Philippe II, au ministre.
Cet homme m'a parlé, je lui ai tendu la main140 : tu expédieras des lettres de grâce entière...
La Reine, au roi.
Si cet homme (elle montre Fontanarès) est un de ces grands inventeurs que Dieu suscite, Don Philippe, vous aurez fait une belle journée.
Philippe II, à la reine.
Il est bien difficile de distinguer entre un homme de génie et un fou ; mais si c'est un fou, mes promesses valent les siennes141.
Quinola, à la marquise.
Voici votre lettre ; mais, entre nous, n'écrivez plus142.
La Marquise.
Nous sommes sauvés.
La Cour suit le Roi qui rentre.