‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 339 sur 632 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LES MÊMES, PAQUITA30

Quinola, à part.

Après31 une dupe honnête je ne sais rien de meilleur qu'un fripon qui s'abuse.

Paquita.

Deux amis qui s'embrassent, ce n'est donc pas des espions32...

Quinola.

Tu es déjà dans les chausses du vice-roi, dans la poche de la Brancador. Ça va bien ! Fais un miracle ? habille-nous d'abord ;

puis, si nous ne trouvons pas à nous deux, en consultant un flacon de liqueur, quelque moyen de faire revoir à mon maître sa Marie Lothundiaz33, je ne réponds de rien... Il ne me parle que d'elle depuis deux jours et j'ai peur qu'il n'extravague tout-à-fait...

Monipodio.

L'Infante est gardée comme un homme à pendre. Voici pourquoi. Lothundiaz a eu deux femmes : la première était pauvre et lui a donné un fils. La fortune34 est à la seconde qui en mourant a laissé tout à sa fille de manière à ce qu'elle n'en puisse être dépouillée35. Le bonhomme est d'une avarice dont le but est l'avenir de son fils36. Sarpi, le secrétaire du vice-roi, pour épouser la riche héritière, a promis37 à Lothundiaz de le faire anoblir, et s'intéresse énormément à ce fils38...

Quinola.

Bon ! déjà un ennemi...

Monipodio.

Aussi faut-il beaucoup de prudence. Écoute ? je vais te donner un mot pour Mathieu Magis, le plus fameux lombard de la ville et à ma discrétion : vous y trouverez tout39, depuis des diamants jusqu'à des souliers. Quand vous reviendrez ici, vous y verrez40 notre infante41.

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