SCÈNE XIII
LES MÊMES, SARPI, sur le balcon.
Sarpi, à part.
On a prononcé mon nom. Que vois-je ? l'héritière et son père, à cette heure, sur la place80 !
Lothundiaz.
Sarpi n'est pas allé chercher un vaisseau dans le port de Valladolid81, il a fait avancer mon fils d'un grade.
Par l'avenir de ton fils, Lothundiaz, ne t'avise pas de disposer de ta fille sans son consentement : elle m'aime, et je l'aime. Je serai dans peu, (Sarpi paraît) l'un des hommes les plus considérables de l'Espagne, et en état de me venger...
Marie.
Oh ! contre mon père82.
FONTANARÈS.
Eh ! bien, dites-lui donc, Marie, tout ce que je fais pour vous mériter.
Sarpi [, à part].
Un rival ?
Quinola, à Lothundiaz.
Monsieur, vous serez damné.
Lothundiaz.
D'où sais-tu cela ?
Quinola.
Ce n'est pas assez : vous serez volé83, je vous le jure.
Lothundiaz.
Pour n'être ni volé, ni damné, je garde ma fille à un homme qui n'aura pas de génie, c'est vrai, mais du bon sens...
FONTANARÈS.
Attendez, du moins.
Sarpi.
Et pourquoi donc attendre ?
Quinola, à Monipodio.
Qui est-ce ?
Quel oiseau de proie !
Monipodio.
Et difficile à tuer, c'est le vrai gouverneur de Catalogne84.
Lothundiaz.
Salut, monsieur le secrétaire ! (A Fontanarès.) Adieu, mon