‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 354 sur 632 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

MONIPODIO, FONTANARÈS, QUINOLA.

QUINOLA

Vous vous faites dès l'abord de belles affaires ?

Monipodio.

Don Frégose est jaloux de vous.

Quinola.

Sarpi va vous faire110 échouer !

Monipodio.

Vous vous posez en géant devant des nains qui ont le pouvoir ! Attendez donc le succès pour être fier ! On se fait tout petit, on s'insinue, on se glisse.

Quinola.

La gloire ?... mais, Monsieur, il faut la voler.

Fontanarès.

Vous voulez que je m'abaisse ?

Tiens ! pour parvenir.

Fontanarès.

Bon pour un Sarpi ! Je dois tout emporter de haute lutte. Mais

OCB. T. XXII. th. 2. 33

que voyez-vous entre le succès et moi ? Ne vais-je pas dans le port choisir une magnifique galère111 ?

Quinola.

Ah ! je suis superstitieux en cet endroit. Monsieur, ne prenez pas de galère112 !

FONTANARÈS.

Je ne vois aucun obstacle113.

Quinola.

Vous n'en avez jamais vu ! Vous avez bien autre chose à découvrir. Hé ! Monsieur, nous sommes sans argent, sans une auberge où nous ayons crédit, et si je n'avais rencontré ce vieil ami, qui m'aime, car on a des amis qui vous détestent, nous serions sans habits...

FONTANARÈS.

Mais elle m'aime ! (Marie agite son mouchoir à la fenêtre.) Tiens, vois, mon étoile brille.

Quinola.

Eh Monsieur, c'est un mouchoir ! Êtes-vous assez dans votre bon sens pour écouter un conseil ?... Au lieu de cette espèce de madone, il vous faudrait une marquise de Mondéjar ! une de ces femmes à corsage frêle, mais doublé d'acier114, capable par amour, de toutes les ruses que nous inspire la détresse, à nous... Or la Brancador...

Si tu veux me voir laisser tout là115, tu n'as qu'à me parler ainsi ! Sache-le bien : l'amour est toute ma force, il est le rayon céleste qui m'éclaire.

Quinola.

Là, là, calmez-vous.

Monipodio.

Cet homme m'inquiète ! il me paraît posséder mieux116 la mécanique de l'amour, que l'amour de la mécanique.

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