ACTE II, SCÈNE
mille écus d'or ? Être propriétaire, avoir sa maison, sa servante, son cheval, sa femme, ses revenus, être protégé par15 la Sainte- Hermandad, au lieu de l'avoir à16 ses trousses, que faut-il faire ?
Avaloros.
M'aider à réaliser un contrat à l'avantage réciproque de ton maître et de moi.
Quinola.
J'entends ! le boucler. Tout beau, ma conscience ! Taisez-vous, ma belle, on vous oubliera pour quelques jours, et nous ferons bon ménage pour le reste de ma vie17.
Avaloros, à Sarpi.
Nous le tenons.
Sarpi, à Avaloros.
Il se moque de nous ! il serait bien autrement sérieux.
Je n'aurai sans doute les deux mille écus d'or qu'après ^signature du traité.
Sarpi, vivement.
Tu peux les avoir auparavant18.
Quinola.
Bah ! (Il tend la main.) Donnez ?
Avaloros.
En me signant des lettres de change... échues.
Quinola.
Le Grand- Turc ne présente pas le lacet avec plus de délicatesse.
Sarpi.
Ton maître a-t-il son vaisseau ?
QUINOLA
Valladolid est loin, c'est vrai, monsieur le secrétaire ; mais nous y tenons une plume qui peut signer19 votre disgrâce.
Sarpi.
Je t'écraserai.
Quinola.
Je me ferai si mince que vous ne pourrez pas.
Avaloros.
Eh ! maraud20, que veux-tu donc ?
Quinola.
Ah ! voilà parler d'or.