ACTE II, SCÈNE
(A part.) Une femme nous a sauvés à Valladolid, les femmes nous sauveront à Barcelone23. (Haut et à la Brancador.) Il est bien triste !
Avaloros.
Le misérable2* a de l'audace.
Quinola.
Et sans argent, voilà de quoi nous étonner25.
Sarpi, à Quinola.
Entre à mon service.
Quinola.
Je fais plus de façons pour prendre un maître26.
Faustine, à part.
Il est triste ! (Haut.) Eh ! quoi, vous Sarpi, vous Avaloros pour qui j'ai tant fait, un pauvre homme de génie arrive et au lieu de le protéger, vous le persécutez... (Mouvement chez Avaloros et Sarpi.) Fi !... fi !... vous dis-je. (A Quinola.) Tu vas bien m'expliquer leurs trames contre ton maître.
Sarpi, à Faustine.
Ma chère cousine, il ne faut pas beaucoup de perspicacité pour deviner quelle est la maladie qui vous tient depuis l'arrivée de ce Fontanarès.
Avaloros, à Faustine.
Vous me devez, Madame, deux mille écus d'or et vous aurez encore à puiser27 dans ma caisse.
Faustine.
Moi ! Que vous ai-je demandé ?
Avaloros.
Rien, mais vous acceptez tout ce que j'ai le bonheur de vous offrir28.
516 les ressources de quinola.
Faustine.
Votre privilège pour le commerce des blés est un monstrueux abus.
Avaloros.
Je vous dois, Madame, deux mille écus d'or.
Faustine.
Allez m'écrire une quittance de ces deux mille écus d'or que je vous dois et un bon de pareille somme, que je ne vous devrai pas. (A Sarpi29.) Après vous avoir mis dans la position où vous êtes, vous ne seriez pas un politique bien fin, si vous ne gardiez mon secret.
Sarpi.
Je vous ai trop d'obligations pour être ingrat30.
Faustine, à part.
Il pense tout le contraire, il va m'envoyer le vice-roi furieux31.
Sort Sarpi.