ACTE II, SCÈNE
QUINOLA
Une vraie poupée.
Faustine.
Les hommes de talent sont tous ainsi....
Quinola.
De vrais colosses à pieds d'argile !
Faustine.
... Ils revêtent de leurs illusions une créature et ils s'attrapent : ils aiment leur propre création, les égoïstes !
Quinola, à part.
Absolument comme les femmes ! (HautiZ.) Tenez, Madame, je
voudrais par un moyen honnête que cette poupée fût au fond
non... mais d'un couvent.
Faustine.
Tu me parais être un brave garçon.
Quinola.
J'aime mon maître.
Faustine.
Crois-tu qu'il m'ait remarquée44 ?
Pas encore.
Faustine.
Parle-lui de moi.
Quinola.
Mais alors il parle de me rompre un bâton sur le dos45. Voyezvous, Madame, cette fille...
Faustine.
Cette fille doit être à jamais perdue pour lui.
OCB. T. XXII. th. 2. 34
QUINOLA
Mais s'il en mourait, Madame ?
Faustine.
Il l'aime donc bien ?
QUINOLA
Ah ! ce n'est pas ma faute ! De Valladolid ici, je lui ai mille fois soutenu cette thèse qu'un homme comme lui devait adorer les femmes, mais en aimer une seule ? jamais46.
Faustine.
Tu es un bien mauvais drôle ! Va dire à Lothundiaz, de venir me parler et de m'amener ici lui-même sa fille : (à part) elle ira au couvent.
Quinola, à part.
Voilà l'ennemi, elle nous aime trop pour ne pas nous faire beaucoup de mal47.
Quinola sort en rencontrant don Frégose.