SCÈNE XV
LES MÊMES, FONTANARÈS.
Fontanarès, à Fciustine.
Madame. (Il lui baise la main.)
Marie, à part.
Quelle douleur !
Fontanarès.
Vivrais-je jamais assez pour vous témoigner ma reconnaissance. Si je suis quelque chose, si je me fais un nom, si j'ai le bonheur, ce sera par vous.
Faustine.
Ce n'est rien encore ! Je veux vous aplanir le chemin71. J'éprouve tant de compassion pour les malheurs que rencontrent les hommes de talent, que vous pouvez entièrement compter sur moi. Oui, j'irais, je crois, jusqu'à vous servir de marche-pied pour vous faire atteindre à votre couronne.
Marie, tire Fontanarès par son manteau.
Mais je suis là, moi ! (Il se retourne) et vous ne m'avez pas vue72.
Fontanarès.
Marie ! Je ne lui ai pas parlé depuis dix jours. (A Faustine.) Oh ! Madame, mais vous êtes donc un ange ?
Marie, à Fontanarès.
Dites donc un démon. (Haut.) Madame me conseillait d'entrer dans un couvent.
Fontanarès.
Elle!
528 les ressources de quinola.
Marie.
Oui.
Faustine.
Mais, enfants que vous êtes, il le faut.
FONTANARÈS.
Je marche donc de pièges en pièges, et la faveur cache des73 abîmes ! (A Marie.) Qui donc vous a conduite ici ?
Marie.
Mon père.
FONTANARÈS.
Lui ! est-il donc aveugle ? Vous, Marie, dans cette maison74.
Faustine.
Monsieur ?...
Ah ! au couvent, pour se rendre maître de son esprit, pour torturer son âme75 !