‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 387 sur 632 · ACTE III, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE

(A part.) Où est donc Quinola ? il sait si bien les renvoyer contents. (Haut.) Que voulez-vous ?

Esteban.

Notre argent ! Depuis trois semaines nous travaillons à votre compte. L'ouvrier vit au jour le jour.

FONTANARÈS.

Hélas ! mes amis, moi, je ne vis pas...

Esteban.

Vous êtes seul, vous, vous pouvez vous serrer le ventre. Mais nous avons femme et enfants. Enfin, nous avons tout mis en gage...

FONTANARÈS.

Ayez confiance en moi.

Esteban.

Est-ce que nous pouvons payer le boulanger avec votre confiance50 ?

FONTANARÈS.

Je suis un homme d'honneur.

Girone.

Tiens ! Et nous aussi nous avons de l'honneur.

Esteban.

Portez donc vos honneurs chez le Lombard, vous verrez ce qu'il prêtera dessus.

Girone.

Je ne suis pas un homme à talent, moi ! on ne me fait pas crédit.

Esteban.

Je ne suis qu'un méchant ouvrier, mais si ma femme a besoin d'une marmite, je la paye, moi !

FONTANARÈS.

Qui donc vous ameute ainsi contre moi ?

Girone.

Ameuter ? sommes-nous des chiens ?

Esteban.

Les magistrats51 de Barcelone ont rendu une sentence en faveur de maîtres Coppolus et Carpano qui leur donne privilège sur vos inventions52. Où donc est notre privilège, à nous ?

Girone.

Je ne sors pas d'ici sans mon argent.

FONTANARÈS.

Quand vous resterez ici, y trouverez-vous de l'argent ? d'ailleurs, restez, bonsoir.

Il prend son chapeau et son manteau.

Esteban.

Oh ! vous ne sortirez pas sans nous avoir payés.

Mouvement général chez les ouvriers pour barrer la porte.

Girone.

Voici une pièce que j'ai forgée, je la garde.

FONTANARÈS.

Misérables !

Il tire son épée.

Les Ouvriers.

Oh ! nous ne bougerons pas.

Fontanarès, il fond sur eux.

Oh !... (Il s'arrête et jette5Z son épée.) Peut-être Avaloros et Sarpi les ont-ils envoyés pour me pousser à bout. Je serais accusé

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