‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 389 sur 632 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LES MÊMES, COPPOLUS et CARPANO.

Coppolus.

Monsieur, je viens vous annoncer qu'hier les magistrats de Barcelone m'ont, jusqu'à parfait paiement, donné privilège sur votre invention, et je veillerai à ce que rien ne sorte d'ici. Le privilège comprend la créance de mon confrère Carpano, votre serrurier57.

FONTANARÈS.

Quel démon vous aveugle ? Sans moi, cette machine, ce n'est que du fer, de l'acier, du cuivre et du bois58 ; avec moi, c'est une fortune.

Coppolus.

Oh ! nous ne nous séparerons point.

Les deux marchands font un mouvement pour serrer Fontanarès.

OCB. T. XXII. TH. 2. 36

FONTANARÈS.

Quel ami vous enlace avec autant de force qu'un créancier ? Eh ! bien, que le démon reprenne la pensée qu'il m'a donnée.

Tous.

Le démon !

Ah ! veillons sur ma langue, un mot peut me rejeter dans les bras de l'Inquisition59. Non, aucune gloire ne peut payer de pareilles souffrances.

Coppolus, à Carpano.

Ferons-nous vendre ?

FONTANARÈS.

Mais, pour que la machine vaille quelque chose, encore faut-il la finir, et il y manque une pièce dont voici le modèle60.

Coppolus et Carpano se consultent.

Coppolus.

Cela coûterait encore deux cents sequins61.

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