‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 416 sur 632 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

FONTANAKÈS, QUINOLA39.

Fontanarès.

Cette femme est perfide comme le soleil en hiver. Oh ! j'en veux au malheur, surtout pour éveiller la défiance. Y a-t-il donc des vertus dont il faut se déshabituer ?

Comment, Monsieur, se défier d'une femme qui rehausse en or ses moindres paroles. Elle vous aime, voilà tout. Votre cœur est donc bien petit, qu'il ne puisse loger deux amours ?

Fontanarès.

Bah ! Marie, c'est l'espérance, elle a réchauffé mon âme. Oui, je réussirai.

Quinola, à part

Monipodio n'est plus là. (Haut) Un raccommodement, Monsieur, est bien facile avec une femme qui s'y prête aussi galamment que madame Brancador40.

FONTANARÈS.

Quinola !

Quinola.

Monsieur, vous me désespérez41 ! Voulez-vous combattre la perfidie d'un amour habile avec la loyauté d'un amour aveugle ? J'ai besoin du crédit de madame Brancador pour me débarrasser de Monipodio, dont les intentions me chagrinent. Cela fait, je vous réponds du succès, et vous épouserez42 alors votre Marie.

FONTANARÈS.

Et par quels moyens ?

Quinola.

Hé ! Monsieur, en montant sur les épaules d'un homme qui voit comme vous, très loin, on voit plus loin encore. Vous êtes inventeur, moi43 je suis inventif. Vous m'avez sauvé de... vous savez ! Moi, je vous sauverai des griffes de l'envie et des serres de la cupidité44. A chacun son état. Voici de l'or, venez vous habiller, soyez beau, soyez fier, vous êtes à la veille du triomphe. Mais, là, soyez gracieux pour madame Brancador.

Au moins, Quinola45, dis-moi comment ?

Quinola.

Non, Monsieur, si vous saviez mon secret, tout serait perdu, vous avez trop de talent pour ne pas avoir la simplicité d'un enfant.

Ils sortent*6.

Le théâtre change, et représente les salons de madame Brancador.

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