acte iv, scène
Oui, nous le perdrons.
Ah ! vous m'aimez quand même, vous !
Don Frégose.
Hélas ! après cet éclat, pouvez-vous être marquise de Frégose ?
Faustine.
Oh ! si je le voulais
Don Frégose.
Je puis disposer de moi, de mes aïeux, jamais.
Faustine.
Un amour qui a des bornes, est-ce l'amour ? Adieu, Monseigneur : je me vengerai à moi seule.
Chère Faustine81 !
Chère ?
Don Frégose.
Faustine.
Don Frégose.
Oui, bien chère, et maintenant et toujours ! Dès cet instant, il ne reste de Frégose qu'un pauvre vieillard qui sera malheureusement bien vengé par ce terrible artisan82. Ma vie à moi est finie. Ne me renvoyez point ces tableaux que j'ai eu tant de bonheur à vous offrir. (A part) Elle en aura bientôt besoin. (Haut.) Ils vous rappelleront un homme de qui vous vous êtes joué83, mais qui le savait et vous pardonnait ; car dans son amour, il y avait aussi de la paternité.
Faustine.
Si je n'étais pas si furieuse, vraiment, don Frégose, vous m'attendririez ; mais il faut savoir choisir ses moments pour nous faire pleurer.
Don Frégose.
Jusqu'au dernier instant84, j'aurai tout fait mal à propos, même mon testament.
Faustine.
Eh ! bien, si je ne l'aimais pas, mon ami, votre touchant adieu, vous vaudrait et ma main et mon cœur ; car, sachez-le, je puis encore être une noble et digne femme.
Don Frégose.
Oh ! écoutez ce mouvement vers le bien85, et n'allez pas, les yeux fermés, dans un abîme.
Faustine.
Vous voyez bien que je puis toujours être86 marquise de Frégose.
Elle sort en riant.