‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 9 sur 632 · SCÈNE HUITIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE HUITIÈME

LA DUCHESSE, MADEMOISELLE DE VAUDREY

La Duchesse.

Il ne vous est pas plus possible qu'à moi de dormir... Fernand retrouvé.

Mademoiselle de Vaudrey.

Écoutez ma nièce, après avoir tant de fois partagé vos douleurs, essuyé vos larmes, et caressé vos espérances pour vous aider à vivre, je dois vous dire une cruelle vérité, le duc aura jeté Fernand dans une situation si précaire qu'il lui est sans doute impossible de se retrouver dans le monde où vous êtes.

La Duchesse.

Ah ! vous ne connaissez pas mon fils ! moi je le connais !... je l'ai vu mille fois !...

Mademoiselle de Vaudrey.

En rêve !...

La Duchesse.

Fernand a dans les veines tout le sang des Montsorel et des Vaudrey ; d'une race pure de mésalliances, il doit avoir sur le front des signes de sa grandeur, il ne supporte pas une injure, il est brave !... S'il a commencé par être soldat, il est aujourd'hui colonel, il est aimé, il est beau, enfin c'est mon fils !...

Mademoiselle de Vaudrey.

S'il existe ?

La Duchesse.

Ah ! quel mot ! vous ne me l'avez jamais dit, croyez-vous que le duc de Montsorel ait manqué à sa foi de gentilhomme ?

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