‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 99 sur 632 · ACTE V, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE

ment dévoué que celui de Vautrin... Et moi ? ne parlons pas de moi, voilà ta mère, adieu... (A la duchesse.) L'enfant m'oubliera, la mère saura-t-elle tendre parfois une main secourable à celui qui l'a su remplacer pendant dix ans ?

La Duchesse de Montsorel.

Toute ma fortune est à vous !...

Vautrin.

De l'or ! mais je sais où le prendre !... Jamais d'affection ni d'estime !... Voilà ce qui nous tue30...

Le Duc.

Mais qui donc êtes-vous, vous qui avez le fatal pouvoir de jeter ici l'épouvante et d'y ramener le calme ?

Vautrin.

Un homme que la société a repoussé et qui veut une place31.

Le Duc.

La justice a eu bien tort de vous laisser la vie !

Vautrin.

Peut-être...

La Duchesse, au duc.

Mon ami, ce moment m'a fait tout oublier, mais usez de votre pouvoir pour le ramener au bien. Ne saurait-on avoir sa grâce ?...

Vautrin.

C'est difficile ; il y a, Madame, dans ce monde des choses irrévocables32. J'ai, certes, la faculté de conquérir un nom nouveau, la fortune, les honneurs, mais qui me donnera le pouvoir d'en jouir33 !...

Raoul.

Monsieur !...

128 vautrin, i.

Vous vous trompez, je ne suis même pas monsieur ! (Raoul lui tend la main.) Ah ! voilà ce que j'attendais pour disparaître. (Plus bas.) Je te suivrai de loin et ta belle vie me réchauffera !...

Inès, à Vautrin.

Je crois comprendre que vous êtes un banni, que mon ami vous doit beaucoup et ne peut s'acquitter... Au delà des mers j'ai des biens qui veulent un homme énergique, vous pouvez être notre intendant, exercez vos grandes facultés sous le même nom de Bustamente... Voulez-vous être heureux ?...

Vautrin.

Et mes compagnons ?...

Vautrin disparaît, suivi de Lafouraille, de Buteux, de Saint-Charles et du duc**.

Page 1