PR RL D TERESA
PTE 2 ES RE
619 DEUVRES COMPLET décorations et de frivoles distinetions; elle serait alors, pour les âmes faibles, un objet de terreur et d’épouvante, par la sévérité de ses maximes, l’étendue de ses engagements, l’austérité de ses devoirs. Je sens ici le besoin de m’appuyer d’une autorité importante, Leibnitz, qui y voyait de si haut et de si loin, prédit, dans les premières années du dernier siècle, la révolution générale dont l’Europe est menacée, en assigne les causes,
ct en signale en quelque sorte les instru-,
ments et les acteurs. « Ceux qui se croient,» dit-il, « déchargés de l’importune crainte d’une Providence surveillante et d’un avenir menaçant, lâchent la bride à leurs passions brutales, et tournent leur esprit à séduire et à corronipre les autres ; et s'ils sont ambitieux et d’un caractère un peu dur, ils seront capables, pour leur plaisir ou leur avancement, de mettre le feu aux quatrecoins de la terre, et j'en ai connu de cette trempe. Je trouve même que des opinions approchantes s'insinuant peu à peu dans l'esprit des hommes du grand monde, qui règlent les autres, et d’où dépendent les affaires, et se glissant dans les livres à la mode, disposent toutes choses à la révolution générale
J.-J. Rousseau, que lorsqu'il se trompe, l'a trés- | bien remarqué. Aussi, malgré les priviléges pécuniaires, la noblesse était bien moins riche que le commerce en capitaux, et moins que le clergé et le tiers état en propriétés foncières.
ES dE M. DE BONALD. GE0 dont l'Europe est menacée... Si l’on se corrige encore de cette maladie épidémique dent les mauvais effets commencent à être visibles, les maux seront peut-être prévenus; mais si-elle va croissant, la Providence corrigera les hommes par la RÉVOLUTION MÊME Qu1 EN DOIT NAÎTRE. » Puis il ajoute ces paroles remarquables, comme un remède aux maux qu'il vient de prévoir : « Je ne m’attends pas qu'on fonde sitôt un ordre dont le but soit d'élever l’homme à un haut point de perfection... Comme il est rare qu’on soit exposé aux extrémités où l’on aurait besoin d’une si grande force d'âme (1), on ne s’avisera guère d'en faire provision aux dépens de ses commodités ordinaires, quoiqu’on y gagnerait incomparablement plus qu’on y perdrait, » .…. Mais je m'aperçois un peu tard que nous faisons, Leibniz et moi, une utopie sur la perfectibilité sociale. Il est vrai que la France a vu réaliser une utopie, moinsprobable encore et plus chimérique.….
Ja restauration; et qui sait si, quelque jour, des idées puisées dans la nature de Ja société, des idées naturelles, ne prendront pas Ie place des idées libérales? a
(4) JL n’est pas douteux que la société en Europe ne soit arrivée aujourd’hui à ces extrémités que Leibnitz, de son temps, regardait comme éloignées, et qui demandent une grande force d’âme dans ceux
qui la gouvernent.