‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 172 sur 306 · MGR. LE DUC DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

MGR. LE DUC DE BORDEAUX

grâces et la pénétration de l'esprit; de son illustre aïeul et de son vertueux fils, la bonté, la franchise, le courage; d’une héroïque princesse, si forte contre le malheur.…. ah! puisse-t-il n’avoir jamais besoin de son exemple ! qu’il tienne de son malheureux père, sitôt enlevé à notre amour, toutes les qualités royales qu’il a eu à peine le temps de nous faire admirer, et de son illustre mère, toutes celles que sa modestie a si longtemps dérobées à nos hommages!

Préparons une nouvelle génération pour ce nouvel enfant de nos rois; que ce Français de plus ne compte pas un jour, dars son peuple nombreux, un vrai Français de moins ; nous élèverons nos enfants pour le servir et servir l'Etat dans sa personne; cet enfant estun héritage que nousleur laissons, etle seul que nous ayons conservé ! La Providence elle même, à l'instant où elle paraissait abandonner le trône de la France, a voulu que jusqu'à son retour nous restassions autour de ses débris pour le relever quand les temps de sa miséricorde seraient venus, et le rendre à son légitime possesseur ; et vieillis dans cette attente entre la misère, les combats et les persécutions, nous ne pouvons plus voir que l'aurore d’un avenir tont désiré, et saluer deloin la terre [ramise, sans avoir l’espoir d’y entrer.

Mais la joie universelle excitée par ce bonheur miraculeux doit faire place à des réflexions qui sont elles-mêmes un nouveau sujet de joie. Que sont devenues, au milieu de ces transports unanimes, ces tristes doctrines qui nous glaceraient d’ennui sielles cessaient de nous pénétrer d’horreur? Ellesse sont évanouies «“omme un brouillard

. fétide à l'aspect du soleil, devant cette rai-

son populaire tout en sentiment qui a fait uneexplosion si subite et si entraînante ; véritable opinion publique, qui s'exprime avec l’éloquence des transports et des affections, et consacre ainsi à sa manière le grand dogme dela légitimité. Le bon sens a saisi d’un coup d’œil toutes les conséquences du principe qu'on s'efforce en vain d’obscurcir, et l’allégresse publique a mieux que les raisonnements réfuté les sophismes des esprits faux et des cœurs gangrenés qui blasphèment contre la vérité qu’ils ignorent, et. qui haïssent le bien, même lorsqu'ils le connaissent.

Mais ne profanons pas la sainteté de ce jour, n’empoisonnons pas une joie si légitime, en rappelant les derniers cris de rage

Mons

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