‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 171 sur 306 · SUR MGR LE DUC DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

SUR MGR LE DUC DE BORDEAUX

(Défenseur, novembre 1820.)

Salut au noble enfant qui nous est né :

béni soit celui qui vient au nom du Seigneur (Psal. cxvn, 26), pouvons-nous dire sans impiété, en respectant l'intervalle immense qui sépare l’enfant d’un mortel, quel que soit son

. rang, de celui à qui cette bénédiction s’ap-

plique dans toute son étendue : sans doute il vient au nom du Seigneur Fenfant qui a été demandé au Seigneur avec tant d’instances, le fruit de tant de prières, l'objet de tant de vœux, le terme de tant de désirs, le gage de tant d’espérances, la joie de tant de familles,

889 PART. II. POLITIQUE. — SUR

Ja consolation et l'espoir de son auguste maison : sans doute ë vient au nom du Seigneur celui que le Seigneur a si visiblement protégé, et jusque dans le sein maternel, contre les impressions de la douleur la plus vive, la plus profonde, la plus légitime, de sa propre mère, et contre les sanguinaires compiots de la plus abominable perversité : sans doute il vient au nom du Seigneur celui qui fera bénir son nom, respecter ses lois, triompher sa religion, et il sera grand devant le Seigneur, parce qu’il nous est venu au nom du Seigneur:

Salut, amour et respect à l'enfant royal qui nous apparaît comme l'étoile secourable qui annonceaux nautoniers effrayésla fin de la tempête, comme le port longtemps attendu leur promet le repos après une longue tourmente. La France aussi, qui l’a enfanté avec tant de douleur, a tressaillidejoie, et, comme lamère de l'Evangile, elle a consolé ses douleurs, parce qu'un enfant lui est né! (Joan.

xXvI, 21.)

Amour, respect, admiration à la femme forte, dont un ange avait dit : « Vous enfanterez un fils, » et qui seule n’a pas douté de notre bonheur. Elle eût désiré que toute la France fût témoin de son heureuse matermité ; et, s’élevant au-dessus des craintes de son état et des considérations de sonsexe, ellea voulu que tous sussent, que tous vissent que cet enfant était bien le sien, pour que nous puissions tous le dire le nôtre.

Vous règnerez donc encore sur nous, auguste race desaint Louis , de Henri IV, de Louis XIV, royale famille que nous avons perdue par tant d'erreurs, que nous avons recouvrée au prix de tant de malheurs, vous régnerez sur nos enfants, comme vous avez régné sur nos pères. Si le berceau qui ren- . ferme vos destinées et les nôtres est encore exposé à la fureur des flots, comme celui du législateur des Hébreux, il ne sera pas englouti; une main puissante soutiendra sur les eaux ce précieux dépôt, et la fille des rois Vélèvera pour être le chef d’un grand peuple.

Les fables des temps anciens et du moyen

âge racontent qu’à la naissance des enfants desdieux oudes héros, des divinités ou des fées bienfaisantes venaient chacune doter le nouveau-né de tous les dons de l'esprit et du cœur; nous n’avons pas besoin de recourir aux fictions, et cet enfant royal les trou-

vera tous dans l'exemple de ses illustres *

parents. Qu'il tienne de l’auguste chefde sa maison sa tendresse pour son peuple, les

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