‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 84 sur 306 · AT · texte numérisé non relu

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recommenceraient par l’Europe. Si cet événement était possible, il ne pourrait être amené que par le désespoir des Turcs, suzerains des petits Tartares et alliés des grands, et qui, chassés d'Europe, feraient un appel général à toutes les nations mahométanes (2) ou ennemies des Chrétiens en général, et en particulier des Russes, et les croiseraient toutes, si l’on peut employer cette expression, contre les puissances européennes. La Pologne, dont les hordes tartares connaissent le chemin, serait la première exposée à leurs attaques, et offrirait, dans ses plaines vastes et fertiles, de grandes facilités pour la marche et la subsistance de leur nombreuse cavalerie. Alors il serait heureux pour l'Europe que cette partie, la plus faible naguère de Ja chrétienté par sa constitution, eût acquis, par son partage entre les trois monarchies d'Europe les plus militaires, la plus grande force de résistance. i

Croirait-on que les conjectures du philosophe génevois semblent s'accorder avec des prédictions du même genre consignées dans le livre mystérieux de la société chrétienne ? On y voit aussi les nations scythiques ou tartares, accourues de l'Orient sous feurs chefs, venir assiéger, mais sans succès, le camp des saints, qui ne signifie autre chose que la société chrétienne. Quoi qu’il en soit de ces passages, qui peut-être n'ont rapport qu'à des événements déjà passés, et, si l’on veut, au siége de la chrétienté par le mahométisme, dont nous avons marqué l’époque et suivi les progrès, la pensée aime à s’enfoncer dans ces sombres profondeurs, qui ont occupé dans tous les temps les génies supérieurs et les esprits faibles, Bossuet et Newton, comme Joseph Mède et mille autres visionnaires.

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