X' EXCLAMATION
Du petit nombre des vrais serviteurs de Dieu. — Autres prières pour les âmes endurcies qui ne veulent poitil sortir du tombeau de leurs péchés.
O Dieu de mon âme, combien sommesnous prompts à vous offenser, et cumbien l'étes-vous encore davantage à nous pardonner 1 Seigneur, d'où peut procéder en nous une audace si insensée? est-ce de ce que nous savons quelle est la grandeur de votre miséricorde? mais ne savons-nous pas aussi quelle est la grandeur de votre justice? Les douleurs de la mort m'ont environné ( Psal. xvn, 5), disait autrefois votre Prophète en votre personne : ohl combien le péché est-il terrible, puisqu'il a pu causer tant de douleurs à un Dieu, et même lui donner la mort ! Mais ces douleurs mortelles, ô mon Sauveur, vous environnent encore aujourd'hui; car où pouvez-vous aller sans les ressentir? les hommes ne vous blessent et ne vous percentils pas de tous côtés?
O Chrétiens! c'est maintenant qu'il faut combattre pour la défense de votre Roi : c'est maintenant qu'il faut le suivre dans ce grand abandonnement où il se trouve. Il ne lui est demeuré qu'un très-petit nombre de ses sujets, et la grande multitude suit en foule le parti de Lucifer. Mais ce qui est encore plus déplorable, ceux qui veulent passer en public pour ses amis, sont ceux-là même qui le trahissent en secret; et il ne trouve presque plus personne à qui il se puisse fier. O seul véritable ami, que celui qui vous traite de la sorte vous paye mal de la fidélité avec laquelle vous nous aimez! O véritables Chrétiens, pleurez avec votre Dieu; les larmes qu'il a répandues n'étaient pas seulement pour le Lazare, mais encore pour tous ceux qu'il prévoyait qui ne voudraient pas ressusciter lorsqu'il crierait à haute voix pour les faire sortir du tombeau.
O mon souverain bonheur, combien vous étaient présents alors tous les péchés que j'ai commis contre vous! mais faites-les cesser, mon Dieu, faites-les cesser, et ceux encore de tout le monde. Mon Sauveur, que vos cris soient si puissants, qu'ils leur donnent la vie, quoiqu'ils ne vous la demandent pas, et qu'ils les fassent sortir de l'abîme si profond de leurs malheureuses délices. Le Lazare ne vous pria pas de le ressusciter : vous fîtes ce miracle en faveur d'une femme pécheresse. En voici une, Seigneur, qui l'est encore davantage ; faites donc éclater, mon Dieu, la grandeur de votre miséricorde : je vous la demande, toute misérable que je suis, pour ceux qui ne veulent pas vous la