XV' EXCLAMATION
Ce qui peut consoler une âme dans la peine quelU ressent d'être si lomjlemps en cet extl.
Hélasl hélas! ô mon Dieu! que le temps de ce bannissement est long, et que j y soutire de peine par le désir que j'ai de vous voir! Seigneur, que peut faire une âme qui se trouve enfermée dans la prison de ce corps. O Jésus mon Sauveur, que la vie de 1 homme est longue, quoique l'on dise qu elle est courte! elle est courte en effet, si on considère le temps qu'on a pour gagner une vie heureuse qui n'aura jamais de tin; mais eue est bien longue pour une âme qui désire jouir de la présence de son Dieu. Quel soulagement, ô mon Sauveur , donnerez-vous donc à mes souffrances? l'unique soulagement, mon Dieu, est que je souffre pour vous. O bienheureuse souffrance, qui es la seule consolation de ceux qui aiment Dieu, ne fuis pas l'âme qui te cherche, et qui ne peut espérer que oar toi de voir croître et adoucir tout ensemble le tourment que cause celui qui est aimé à l'âme qui l'aime.
Tout mon désir, Seigneur, est de vous plaire, et je sais certainement que je ne puis trouver aucune satisfaction parmi les hommes. Si cela est, comme il me semble, vous ne blâmez point sans doute ce désir. Me voici, ô mon Dieu! que s'il est nécessaireque je vive pour vous rendre quelque service , l'accepte de bon cœur tous les travaux qui peuvent se souffrir sur la terre , comme le disait autrefois votre grand amateur saint Martin Mais, hélas! mon Sauveur, qui suis-je? et qui -était-il? il avait des œuvres et je n'ai que des paroles ; c'est là tout ce que je puis. Au défaut de mon pouvoir, regardez, Seigneur, mes désirs, et ne les rejetez pas de votre divine présence. >e considérez pas mon peu de mérite , mais laites que nous méritions tous de vous aimer. Puisque nous avons encore à vivre ici-bas, faites, mon Dieu, que nous n'y vivions que pour vous seul, sans avoir plus d autres intérêts ni d'autres desseins ; car que pouvons-nous souhaiter davantage que de vous contenter et de vous plaire?
O mon Dieu et toute ma consolation, que ferai-je pour vous contenter? Tous les services que je puis vous rendre, quand même je. vous en rendrais plusieurs , sont délectueux et misérables. Qui me peut donc obliger à demeurer davantage en cette malheureuse vie? rien, sans doute, sinon pour accomplir la volonté de mon Seigneur et de mon Maître : et que pourrais-je souhaiter qui me fût plus avantageux? Attends donc, ô mon âme, attends avec patience, puisque tu ne sais ni le jour ni l'heure : garde-toi bien de t'endormir ; veille avec soin, parce nuetoutse passe bientôt sur laterre, quoique ton désirte fasse paraître douteux ce qui est certain, et long ce qui ne dure que peu. Considère que plus tu combattras pour ton Dieu, plus tu témoigneras Ion amour pour lui, et plus tu jouiras un jour de ce Seigneur que
lu aimes, avec une joie dureront éternellement.
et des délices qui puissances de