XIV' EXCLAMATION
Combien te regard de Jésus-Christ dans le dernier jugement sera doux pour les bons, et terrible poulies méchants.
O mon Seigneur et mon véritable Dieu, celui qui ne vous connaît pas ne vous aime pas! Hélas! que cette vérité est grande, et que malheureux sont ceux qui ne veulent pas vous connaître! L'heure de la mort est une heure redoutable; et qui peut, mon Créateur, assez craindre ce jour terrible où s'exécutera le dernier arrêt que doit prononcer votre justice? Jésus, mon Sauveur et tout mon bien, j'ai considéré plusieurs fois quelles sont la douceur et la joie que votre regard porte dans les âmes de ceux qui vous aiment, et que vous daignez voir d'un œil favorable. 11 me semble qu'un seul de ces regards leur donne tant de consolation, qu'il suilit pour les récompenser de plusieurs années de services.
Oh 1 qu'il est difficile de faire comprendre ceci à ceux qui ne savent pas par expérience combien le Seigneur est doux! O Chrétiens, Chrétiens 1 considérez que vous êtes devenus les frères de votre Sauveur et de votre Dieu. Considérez quel il est, et ne le méprisez pas. Sachez qu'en ce jour de sa majesté et le sa gloire, autant son regard sera doux
Pt favorable pour ses serviteurs et ses amis, autant il sera terrible et plein de fureur pour ses persécuteurs et ses ennemis. Oh que nous comprenons mal que le péché n est autre chose qu'une guerre que nous taisons à Dieu, qu'un combat contre lui de tous nos sens et de toutes les puissances de notre âme, qui conspirent comme à l'envi à qui usera de plus de trahisons et de perfidies contre leur Créateur et leur commun Roi 1
Vous savez, mon Seigneur, que j ai souvent plus appréhendé de voir votre divin visage animé de colère contre moi dans ce jour épouv.-mtable de votre dernier jugement, que d'être au milieu des supplices et des horreurs de l'enfer ; et que je vous priais, comme je vous en prie encore, mon Dieu, de vouloir par votre miséricorde me préserver d'un malheur si déplorable. Que pourrait-il m'arriver dans le monde qui en approche? Ah! que tous les maux de la terre viennent fondre sur moi, 6 mon Dieu! pourvu que vous me garantissiez d'une telle affliction : que je ne ne vous abandonne jamais, et que je ne cesse jamais, ô mon Sauveur ! de jouir de la vue de votre souveraine beauté. Votre Père vous a donné à nous ; ne souffrez pas, 6 mon cher Maître! que je perde un trésor si précieux. Je-confesse, O Père éternel! que je l'ai très-mal conservé, mais cetie faute n'est pas sans remède ; non elle n'est pas sans remède, ô mon Seigneur! pendant que nous respirons encore dans l'exil de cette vie.
O mes frères, mes frères, qui êtes, comme moi, les enfants de Dieu, efforçons-nous, mais île tout notre pouvoir, de réparer nos fautes passées, puisque vous savez qu'il a dit que, si nous nous en repentons, il oubliera toutes nos offenses ! O bonté sans mesure, que désirons-nous de plus! oseronsnous même tant demander sans quelque honte? Mais c'est à nous maintenant de recevoir ce que son extrême bonté veut nous donner. Puis donc qu'il ne désire de nous que notre amour, qui pourrait le refuser à celui qui n'a pas refusé de répandre son sang, et de donner sa propre vie pour nous ?
Considérons qu'il ne nous demande rien qui ne soit pour notre avantage. O mon Dieu, quelle dureté! quel aveuglement! quelle folie! La perte d'une aiguille nous fait de la peine ; un chasseur est fâché de perdre un épervier dont il ne tire d'autre avantage que le plaisir de le voir prendre son essor dans les airs; et nous ne sommes point touchés de regret de perdre cet aigle royal, de perdre la majesté de Dieu même, et ce royaume dont la possession et le bonbeur dureront éternellement. Qu'est-ce que cela, Seigneur? qu'est-ce que cela? j'avoue que je ne le comprends pas. Tirez-nous, ô mou Dieu! d'un si grand aveuglement; guérissez-nous d'une si extrême folie.