‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 162 sur 454 · CARACTÈRE DE BONTÉ DANS LES MIRACLES DU SAUTEUR · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DE BONTÉ DANS LES MIRACLES DU SAUTEUR

Meditatiunes sacrœ, t. il, p. 396.

Applaudissons à notre Sauveur ave-s les Israélites, écrions-nous comme eux, il a bien fait toutes choses : Bene omnia fecit.

Dieu, dans la création de l'univers, se rendit ce témoignage, que toutes ses œuvres avaient été parfaitement bien faites. Dieu le Verbe, dans les miracles qu'il a opérés (et remarquez que les miracles ne dérivent point de la loi de la première création, et sont une création nouvelle) ; Dieu le Verbe, dis-je, n'a rien voulu faire qui ne respirât parfaitement la bonté et la bienfaisance.

Moïse a fait des miracles, mais par ses miracles il a frappé les Egyptiens d'une multitude de plaies plus désolantes les unes que les nuires. Elie a fait des miracles, mais il ferma le ciel pour que la pluie cessât de tomber sur la terre, et il l'ouvrit ensuite pour en faire

tomber un feu qui consuma des cohortes entières avec leur chef. Elisée a fait des mira clés, mais par son ordre des ours accouren: du désert et dévorent une troupe d'enfants impies. Pierre a frappé de mort Ananie, cet hypocrite sacrilège; Paul a frappé d'aveuglement le magicien Ely mas, mais Jésus n'a rien lait de semblable. L'Esprit saint descendit sur sa personne, sous la forme d'un* colombe : et c'est cetEspril qu'il reprocha aux apôtres de ne point connaître, lorsqu'ils lui proposèrent de faire tomber le feu du ciel sur des Samaritains. L'esprit de Jésus est vraiment un esprit de colombe. Les serviteurs de Dieu, dont nous avons parlé, ont été dans l'aire du Seigneur, comme les bœufs qui brisent legrain, et foulent aux pieds la paille; mais Jésus a paru au milieu de nous, comme l'agneau de Dieu qui ne témoigne point de colère, et ne rend point de jugement rigoureux. Tous ses miracles ont eu pour objet la santé du corps, et son enseignement , la santé de l'âme. Le corps humain a besoin d'aliments, de soins, de protection contre les accidents du dehors: eh bien ! Jésus a fait tomber un très-grand nombre de poissons dans les filets, pour procurer aux hommes une nourriture plus abondante ; aux noces de Cana, il changea l'eau en une liqueur plus précieuse, pour porter ou maintenir la gaieté dans le cœur des convives : il a fait périr tout à coup un figuier, parce que cet arbre ne portait point les fruits qu'il était destiné à fournir aux hommes; il a multiplié les pains et les poissons pour nourrir une multitude immense qui l'avait suivie dans le désert ; il a commandé aux vents de se taire, pour rassurer quelques navigateurs contre la crainte du naufrage ; il a rendu aux paralytiques le mouvement, aux muets la parole, aux malades la santé, aux lépreux la netteté du corps, aux démoniaques la liberté d'esprit, et aux morts la vie; enfin, aucun de ses miracles n'a été un acte de rigueur : tous ont été des actes de bienfaisance; tous ont eu pour objet le corps humain , et jamais le signe représentatif des richesses, excepté quand il fallut payer à César le iribut ordinaire.

Page 1