‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 167 sur 454 · PRIÈRE QUE BACON ADRESSAIT A DIEU AVANT SON ÉTUDE · texte numérisé non relu

PRIÈRE QUE BACON ADRESSAIT A DIEU AVANT SON ÉTUDE

Sovum organum, dislrib. operis, ou the studenl's, prayer, t. îv, p. 4-88.

O Père, qui avez commencé toutes vos œuvres par la création delà lumière visible, et qui les avez toutes terminées par la création de la lumière intellectuelle, création qui eut lieu, quand vous soufflâtes sur la face de l'homme, ce chef-d'œuvre de vos mains, daignez diriger et protéger cet ouvrage qui, ayant eu votre bonté pour principe, doit avoir \btre gloire pour fin.

Lorsque vous vous retournâtes pour contempler les œuvres que venaient de produire vos mains, vous vîtes qu'elles étaient parfaitement bonnes, et vous entrâtes dans votre repos: mais lorsque l'homme a voulu se retourner pour considérer ses propres œuvres, il a vu que toutes étaient vanité et affliction d'esprit (Eccl., I, 17), et il n'est entré dans aucun repos; voilà pourquoi j'ose espérer que, si je fais mon étude constante, ainsi que jemelepropose.dela considération de vos œuvres, vous voudrez bien me faire entrer en participation du plaisir que vous donna leur contemplation, et du repos que vous goûtâtes ensuite. Je vous supplie, ô Père, de maintenir en moi cette bonne volonté, et par mes mains, ainsi que par les mains de ceux à qui vous inspirerez une volonté semblable, d'enrichir la famille des hommes, de nouvelles lumières et de nouveaux secours (1).

PRIÈRE QUE BACON ADRESSE ENCORE A DIEU EN TRAVAILLANT AU NOVUM ORGANUM.

Novum organum prœf. ou the Writer's prayer, t. m, p. 488.

Nous adressons à Dieu le Père, à Dieu le Fils et à Dieu le Saint-Esprit, les prières les plus humbles et les plus ardentes, pour que, daignant prendre en considération les misères du genre humain, et le triste pèlerinage de celte vie mortelle, où nous coulons des jours en si petit nombre, et traversés encore de tant de maux, il veuille bien se servir de nos mains pour répandre sur les hommes de nouveaux secours et de nouveaux bienfaits. Nous le supplions encore de ne pas permettre que les nouvelles connaissances iiumaines que nous procurerons, préjudicient aux connaissances divines, et qu'en aplanissant les routes des sens, en donnant plus d'amplitude et plus d'éclat au flambeau île la lumière naturelle, nous aboutissions à répandre des incertitudes et des obscurités sur les divins mystères; mais qu'il arrive plutôt que notre esprit n'étant plus le jouet

(1)0n voit la même prière avec quelques variâmes à la lin de l'opuscule ayant pour litre: Aplwrismi et Consilia de auxiliis Dei et accensione luminis naluralis. Nous croyons devoir la donner encore. O l'ère! quand vous considérâtes les créatures qui étaient l'ouvrage de vos mains, vous reconnûles qu'elles étaient toutes parfaitement bonnes : mais quand l'homme voulut considérer les œuvres de ses mains propres, il vit que toutes étaient vanité et affliction d'esprit. Si nous nous occupions infatigablement de la contemplation de vos œuvres, vous nous feriez sans doute entrer en participation de la complaisance qu'elles vous inspirèrent, et du repos dans lequel vous entrâtes après leur création. Nous vous demandons instamment que la volonté où nous sommes, de faire de celle contemplation noire occupation principale, ne s'affaiblisse jamais, et que nos mains puissent être les instruments dont vous vous servirez pour répandre de nouvelles grâces et de nouveaux bienfaits sur la grande famille des hommes.

Nous attendons cette faveur de vôtre amour éternel, par notre Sauveur, Jésus, voire Christ, Dieti avec iif.u.

de l'illusion et de la vanité, et continuant d'être parfaitement soumis aux oracles célestes, nous rendions pleinement à la foi l'obéissance et les hommages qui lui sont dus. Enfin, nous lui demandons humblement la force de rejeter hors de notre âme le veninde la science dont le serpent l'a infecté dès l'origine du monde, afin que, toujours modestes dans nos sentiments et sobres dans notre sagesse, nous n'ayons jamais dans la recherche et l'étude de la vérité qjne la fharité pour principe.

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