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SENTIMENT DE BACON SUR LE DUEL

Charge against, duel, t. iv, p. 295.

Je vais montrer que le duel est une pratilique dangereuse et condamnable, et dans celle vue j'observe d'abord que si la ven-

(i) Cet article est le réquisitoire ou le mémoire que Bicon, alors procureur général du roi présenta à la rliamure éloilée au sujet des duels; nous n'en avons guère retranché que le préambule et le dispositif. Ce mémoire fut tellement goûté des seigneurs, qu'ils ordonnèrent qu'il fût imprimé avecle décret qui intervint : c'est le premier réquisitoire à qui on ait fait fiel honneur.

geance est une fois tirée des maîlis des magistrats, contre l'ordre de Dieu, qui a dit. tnihi vindicta, ego rétribuant ; si les particuliers prennent l'épée, non pour se défendre, mais pour attaquer, s'ils commencent à se faire des lois a eux-mêmes, et à se rendre eux-mêmes justice , il n'est personne qui ne voie les dangers et les inconvénients

sans fin qui résulteraient de celte licence

De plus, il est certain que dans l'ordre de la religion , comme dans l'ordre civil , les crimes d'orgueil et de présomption sont les plus répréhensibles de tous. Les autres crimes supposent et n'attaquent point la bonté de la loi, ils n'entreprennent point de se défendre légalement, et de se justifier eux-mêmes; mais celui-ci insulte expressément à la loi, il fait entrer en concurrence avec cette loi, qu'il appelle la loi de robe, une autre loi qu'il nomme la loi d'honneur; il faut même que Saint-Paul et Westminster, c'est-à-dire la chaire chrétienne et les tribunaux de justice, cèdent à celle prétendue loi...

Je vais plus loin, et je demande, si ce n'est pas encore un grand malheur que de jeunes» gens d'un excellent naturel, et de la plus belle espérance, qu'on pourrait appeler avec les poètes les Enfants de l'Aurore, des jeunes gens qui faisaient l'espérance et la consolation de leurs parents, soient enlevés de ce monde et périssent sans cause et sans utilité. Ce malheur est encore plus déplorable , si les victimes des préjugés insensés de nos temps sont des sujets appartenant à des familles illustres , qui , destinés conséquemment par leur naissance à exposer leur vie dans les combats pour le service du roi etdb l'état, auraient élé capables de décider le sort d'une bataille et de changer la fortune du royaume.

On voit donc combien est funeste le désordre contre lequel nous nous élevons: et l'on peut dire qu'il trouble la paix, qu'il prive l'état des sujets les plus propres à la guerre, qu'il porte la désolation dans les familles , et qu'il est aussi dangereux pour l'état que déshonorant pour la loi.

Si nous examinons les causes de ce désordre, nous trouverons que la première et la principale est incontestablement une fausse et absurde idée d'honneur et de réputation, que le roi, dans sa dernière proclamation, a très-justement et très-ingénieusement appelée un enchantement. Dans le vrai, si on en juge sainement, on trouvera que la cause des duels est une espèce de sortilège qui, par de fausses apparences , fascine les jeunes gens qui croient avoir de la grandeur dans le caractère; c'est une sorte d'illusion diabolique et un fantôme d'honneur qui apparaît et combat contre la religion, contre les lois, contre les vertus morales, contre les sentiments et lis exemples des meilleurs temps et des nations les plus vaillantes , ainsi que je le montrerai » incessamment.

Les principes de ce désordre étant tels que nous venons de le dire, sont encore favorisés par des propos légers , par des idées qui , quoique destituées de toute esoèce de vérité et

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de sagesse, ècit tel'ertent prévalu, que les hommes modérés ec bien pensants, convaincus d'ailleurs de l'absurdité et de l'illégitimité des duels, n'en sor.t pas moins entraînés par le torrent de l'opinion commune, et nécessités d'y conformer leur conduite, s'ils ne veulent pas, dans leur manière de voir et d'agir, rompre avec la société des autres hommes. Tellement qu'ici nous n'avons pas tant à soumettre des particuliers, qu'à combattre et à lutter contre des opinions dépravées et corrompues, comparables à ces esprits et à ces puissances que l'Ecriture sainte appelle les puissances île l'air.

Ajoutez à cela que ces hommes ont perdu les véritables idées du courage et de 1 honneur.

Le vrai courage ne consiste pas à exposer sa vie pour des sujets qui soient seulement justes et n'aient aucune importance. La vie des hommes est à un trop haut prix pour la sacrifiera propos de rien. C'est en faire un mépris injurieux, c'est même une faiblesse que de la hasarder pour des bagatelles ; non, on ne doit pas se jouer ainsi de la vie de l'homme, et si on croit devoir l'exposer et la sacrifier, que ce ne soit jamais que pour le bien public, pour des services vraiment honorables, pour des causes, en un mot, qui soient en même temps justes et d'un grand intérêt.

Il faut raisonner de la dépense de son sang, comme de celle de son argent. On sait que la libéralité ne consiste pas à répandre l'argent à pleines mains dans toutes les occasions, dans celles même qui le méritent le moins ; il en est de même du courage ; ce n'est pas le prouver que de répandre son sang pour toute sorte de sujets : le véritable courage consiste àTexposrr et à le verser pour des sujets qui aient vraiment de l'importance.

Mais en voilà bien assez sur les causes du mal; il est temps de s'occuper des remèdes. Voici ceux que je crois les plus sages cl les plus efficaces.

1° On devrait bien clairement et bien hautement faire connaître la volonté ferme et constante où est le gouvernement de cet Etat, d'abolir le duel ; car il vaudrait mieux ne point annoncer et ne point entreprendre la réforme de ce grand abus, si on devait mollir dans l'exécution ; mais alors je demande quel est le particulier qui voudra prendre sur lui de venger lui-même les injures vraies ou prétendues faites à sa réputation, s'il voit que lé gouvernement envisagera et traitera sa conduite comme une insulte faite à la puissance et à l'autorité du roi, et le poursuivra sans l'espoir d'aucune grâce.

Charles IX, roi de France, avait expressément déclaré, dans un édil, qu'il se chargeait Je l'honneur de tous ceux qui seraient inquiétés ou molestés , en quelque manière que ce fût, pour avoir refusé la proposition d'un duel. Le gouvernement devrait adopter la disposition de cette ordonnance. Je suis intimement convaincu qu'il n'est pas un homme, sage et raisonnable, quelque brave

qu'on le suppose d'ailleurs , à moins que ce ne soit un fou ou un frénétique, qui ne fût charmé d'être affranchi , par les lois et les ordonnances, de la nécessité d'exposer fréquemment sa vie pour un faux et chimérique point d'honneur.

2° 11 faut bien prendre garde de rie point traiter le mal avec trop de ménagement, et. d'en fomenter en quelque sorte les dispositions Il est certain que les accommodements des démêlés qui ont lieu , non par la voie de la commission martiale, mais p.;r l'entremise de quelques gentilshommes particuliers , se font avec de si grands égards et de si grands ménagements par les préjuges reçus, qu'ils semblent autoriser la pratique des duels, et supposer qu'il y a pour ces malheureux combats, quelque sorte de drort cl de lois.

3° Je reconnais avoir appris dans la dernière proclamation du roi, un moyen d'abolir les duels, le plus sage et le plus efficace qu'il soit possible d'imaginer, si sa majesté veut bien en faire usage. L'abus du duel est fondé sur une fausse idée de l'honneur : ainsi il n'y a qu'à le punir par cet endroit-là, m co guis rectissimè plectitur in quo peccat. Le roi est la source de l'honneur; l'accès auprès de sa personne est ce qui maintient l'honneur; être banni de sa présence est le plus haut degré du déshonneur. Si donc il plaisait à sa majesté, lorsque celle cour condamnera, pour cause de duel, des personnes d'une qualité distinguée, d'ajouter de sa propre autorité, que ces personnes seront bannies de sa cour, de celle de la reine et du prince pendant un certain nombre d'années, je suù persuadé qu'il n'y a pas d'homme né avec des sentiments, qui osât se permettre davantage une action qui le jetterait dans l'obscurité, et lui interdirait la présence de son prince.

Enfin, voici le dernier moyen que je sug^> gère. On sait que l'abus dont il s'agit est difficile à détruire dans sa racine, parce qu'il méprise la mort, qui est le plus grand des châtiments que puissent infliger les hommes. C'est sans doute une juste, mais bien triste sévérité, d'exécuter la loi sans rémission et sans miséricorde dans tous les cas qui sont jugés dignes de mort. Cependant la sévérité des lois françaises est encore plus grande, puisque par l'article d'une loi confirmée en parlement, la partie qui a tué doit être incontinent conduite au gibet; et l'on a vu pendreun gentilhomme de grande qualité, ses blessures étant encore saignantes, dans la crainte qu'une mort naturelle ne prévînt le cours de la justice. Mais le moyen que je propose est beaucoup plus doux, quoique non moins efficace. Ce moyen , c'est de punir tous les actes et toutes les démarches qui tendent à un duel. Je n'entre pas maintenant dans ie détail. On affaiblirait ainsi la racine, en coupant les branches ; et je ne doute pas que cette opération ne fît à la fin périr la racin« elle-même. Cependant on aurait prévenu lis dernières rigueurs de la loi.

Je sais qu'on censure les lois d'Angleterre

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sur deux points, mais c'csl à tort et par pure ignorance.

La loi, dit-on, ne met aucune différence entre le lâche et perfide assassin, et celui qui tue son adversaire suivant les lois de l'honneur, ainsi qu'ils parlent. De plus , elle n'a pas décerné des peines et des réparations suftisantes pour des paroles injurieuses, pour un démenti , un soufflet , etc. ; mais ce ne sont là que des nouveautés puériles, contraires à la loi de Dieu, contraires à toutes les lois humaines , contraires aux exemples des plus braves et des plus sages nations du monde.

1° La loi divine, quand il s'agit d'homicide, ne distingue qu'entre le volontaire et l'involontaire, que nous appelons homicide de malheur ou d'accident; et l'on avait établi, pour ce dernier, des villes de refuge, où le meurtrier devait se retirer promptement; parce que la loi ne le protégeait pas contre ceux qui, voulant venger le sang répandu , l'auraient atteint avant qu'il eût gagné le sanctuaire.

11 est vrai que nos lois ont fait une autre distinction plus subtile; elles distinguent entre la volonté enflammée et la volonté froide; entre l'homicide commis dans la colère, et l'homicide prémédité et commis de sang-froid, comme parlent les militaires. On conçoit facilement que chez une nation vive et belliqueuse, la première sorte d'homicide n'est pas indigne de quelque indulgence; et il est vrai que la colère est une courte fureur : ira furor brevis, et qu'un homme en fureur n'est plus à lui-même. Le privilège de la passion ou de la colère était connu dans les lois romaines; mais elles le restreignaient à un seul cas : c'est celui où un mari surprend sa femme en adultère ; la fureur dont il est alors transporté, a l'ait paraître digne de grâce l'homicide auquel il se porterait dans cette circonstance ; mais dans le cas où un homme en tue ou en mutile un autre, la différence qu'on prétend établir entre une lâche et une belle manière de tuer, entre un meurtre simple et un meurtre précédé d'un défi , est une monstrueuse invention de ces derniers temps , et qui n'a pas l'ombre de fondement , ni dans les lois divines, ni dans les lois humaines.

Je trouve, il est vrai, dans les saintes Ecritures, que Caïn attira son frère dans les champs et le tua en traître, tandis que Lailicch se glorifie d'avoir tué un jeune homme au péril desavie. Ainsi, je ne vois point d'autre différence entre l'homme qui commet un meurtre en trahison , et celui qui le commet avec fierté, que celle qui se trouve entre Gain et Lamech.

Je viens aux exemples et aux autorités que nousfournissenllesdifférenls Etats politiques. Toutes les histoires s'accordent à dire que les Grecs et les Romains ont été les plus vaillantes et les plus généreuses nations du monde ; et ce qu'on doit surtout bien remarquer, ils vivaienten républiques et non sous un gouvernement monarchique; or, sous cette première sorte de gouvernement , on

pourrait plus facilement se persuader que les particuliers ont droit de se faire justice par eux-mêmes ; cependant ils n'ont point connu le duel, ni rien qui lui ressemble; et certainement ils l'auraient connu, ils l'auraient établi parmi eux, s'il y avait eu quelque chose de noble et de louable dans cette manière de venger ses injures.

Il y a nlus : fas est et ab hoste doceri, dit-oncommunément. Voiti ce qu'un ambassadeur de l'empereur nous apprend de la façon de penser des Turcs sur le duel. Deux Turcs , qualifiés, s'étaient battus en duel ; un d'eux avait été tué ; le survivant fut obligé de comparaître devant le divan, qui lui fit cette réprimande : Comment avez vous en la témérité de vous battre ensemble? N'y a-l-il pas assez de chrétiens à tuer? Ignoriez-vous donc que, quel que fût celui des deux qui périt, c'était une perte pour le Grand-Seigneur ?

Ainsi, les nations les plus belliqueuses, sans aucune distinction de barbares et de civilisées, n'ont jamais eu que du mépris pour des combats dont on ose à présent faire gloire.

11 est vrai que je trouve deux combats de celte espèce, autorisés par des lois ; je n'examine point si le dernier l'était avec justice.

Le premier avait lieu quand deux armées , étant en présence l'une de l'autre , des particuliers se détachaient de l'une des armées, et donnaient un défi . pour faire preuve de leur valeur, et fournir, par leur victoire, un préjugé en faveur de leur parti.

Les Romains appelaient ce combat un combat par défi : pugna per provocalionem. Il n'avait lieu qu'entre des généraux qui commandaient avec une autorité indépendante, ou entre des particuliers, avec la permission de leurs généraux, et jamais d'autorité privée. C'est ainsi que nous voyuns David demander permission quand il voulut combattre contre Goliath et Joao, lorsque l'armée qu'il commandait était en présence de l'ennemi, donner une permission générale en ces termes : que les jeunes gens jo.uent devant nous. Un fameux combat de cette espèce est celui qui, dans la guerre de Naples, se donna entre douze Espagnols et douze Italiens , et où les Italiens eurent l'avantage. 11 y a une infinité d'exemples de semblables combats, tous justes et louables , les combattants n'étant quelquefois qu'un de chaque côté, et quelquefois étant en plus grand nombre.

La seconde espèce de combat 6li\'ûV épreuve judiciaire, lorsque le droit des parties était obscur. Ce sont les Gothsetles autres peuples du Nord qui ont introduit l'usage de < es combats. Il fut reçu en Espagne plutôt que dans les autres contrées. Mais les théologiens ne conviennent point que cette manière de prouver son droitsoitlègitimc.Ceija; qui combattent dans cette intention, dit un sage écrivain, paraissent tenter Dieu, puisqu'ils veulent que Dieu fasse un miracle , pour que celui dont ' ia cause est juste, demeure victorieux. Ce qui souvent n'arrive pas. Taliterpugnantes videntur tentare Deum , quia' hoc volunt ut Deus ostendat et facial miraculum utJustam eau-

SOI

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eam habens, viclor cfftcwlur, quod sœpe contra accidit.. ..

J'ai dit qu'on reprochait un autre défaut à nos lois : ce défaut , c'est de n'avoir rien réglé pour les cas de démentis et de soufflets reçus ; mais nous pouvons dire que les anciens législateurs auraicnl cru se rendre ridicules, s'ils avaient statuéune punition pour un démenti qui, dans la réalité, n'est rien de plus qu'une parole de contradiction, une négation de ce qu'un autre avance. Le législateur, si on lui avait proposé cette question, aurait fait la réponse de Solon, il aurait dit qu'il n'avait point établi de peine pour ce cas, parce qu'il n'avait pas imaginé que les hommes pussent être jamais assez extravagants pour regarder un démenti comme une injure si atroce.

Les jurisconsultes demandent si on peut intenter l'action d'injure pour un démenti; <t ils inclinent pour la négative François I", roi de France , est blâmé par tous les écrivains sages, comme ayant donné naissance à ce malheureux préjugé sur les démentis , et l'ayant profondément gravé dans les esprits. 11 est vrai que lui-même ayant donné un démenti à l'empereur, et en ayant fait courir le bruit dans le monde, il dit ensuite dans une assemblée solennelle, que tout homme qui souffrait un démenti n'était point un honnête homme; et voilà la source et l'origine de cette nouvelle doctrine sur les démentis.

Quant aux paroles de reproches et d'injures, au rang desquelles on doit mettre les démen'.is, on ne croirait pas, s'ils ne subsistaient pas encore, combien les discours prononcés à Rome dans le sénat et les assemblées du peuple ( et j'en dis autant de ceux qui ont été prononcés chez les Cirées ) sont remplis d'injures, et des injures les plus grossières. Cependant aucun de ceux à qui elles s'adressaient ne s'est regardé comme blessé et noirci par ces injures. 11 les envisageaient comme les propose! le style d'un ennemi; ils prenaient le parti de les mépriser ou de les renvoyer à leurs auteurs ; mais jamais ces injures n'ont fait verser une goutte de sang.

S'il s'agit de quelques coups légers donnés à une personne, ce n'est point en soi-même une affaire considérable, à moins qu'il ne s'y soit mêlé quelques circonstances fâcheuses qui rendent la chose grave...

Calomnier, battre, estropier, (ucr, sonl incontestablement des injures suivant les lois d'Angleterre et les lois de tous les pays ; et s'il s'y joint dcscirconslanccsextraordinaircs qui aggravent le cas, tels que sont les libelles, les coups de bâton et d'autres circonstances de cette espèce, les tribunaux en prennent connaissance elles punissent même exemplairement; mais quant à l'idée qu'un soufflet donné à une personne eslunealtcinlc mortelle portée à son honneur, il faut rappeler aux personnes qui sont imbues de ci; préjugé, le mot de Gonzalve, que j'aime à répéter : ce grand el fameux capitaine avait accoulumé de dire que l'honneur d'un gentilhomme devait, comme une grosse toile, être

d'une trame assez forte pour n'être point déchire par le frottement ; au lieu qu'aujourd'hui cet honneur paraît semblable à un petit roseau que le moindre vent est capable d'abattre, ou à un corps malade, si sensible, que tout ce qui le touche lui fait nu.1 el le blesse.

Certainement cette extrême délicatesse ihonneur, loin d'être le signe d'une véritable grandeur d'âme, est plutôt la preuve d'une grande faiblesse.

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