Tome IV, page
J'assigne, comme une troisième cause de nos controverses, l'horreur poussée à l'extrême et au-delà des bornes, contre quelques hérésies et quelques abus éclatants. Cette cause a donné naissance à l'hérésie d'Arius. Effectivement cette hérésie doit son origine à l'horreur pour l'idolâtrie et à la crainte qu'avait Arius qu'en soutenant, que notre Sauveur Jésus-Christ était un Dieu égal à son Père, les chrétiens ne parussent reconnaître la pluralité des dieux. L'horreur pour l'hérésie d'Arius occasionna celle de Sabellius. Sabellius, ayant en exécration la dissemblance qu'Anus admettait dans la Trinité, s'éloigna de celte erreur jusqu'à tomber dans l'erreur opposée. Il nia la distinction des personnes, et soutint que ces personnes n'étaient que des noms de différents offices et de différents ministères.
Je-le répèle et je le soutiens avec confiance, la plupart des hérésies et des schismes tirent de là leur origine: la plupart viennent de la fausse règle que les hommes ont adoptée pour mesurer le plus ou le moins de perfection dans l'Eglise, et d'après laquelle ils ont cru que la religion 13 plus parfaite devait être
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placée à la plus grande distance de la dernière erreur condamnée. On peut dire en ce sens que les hérésies suivantes sont les entants posthumes des précédentes, et qu'elles naissent des cendres d'autres hérésies déjà éteintes et étouffées.
Il est encore de nos jours des personnes qui adoptent, au moins jusqu'à un certain point, celte manière de mesurer la perfection : elles croient que la vraie pierre de touche, pour reconnaître ce qui est bon et ce qui est mauvais, c'est de remarquer le plus ou le moins d'opposition aux institutions de l'Eglise romaine, soit qu'il s'agisse de cérémonies, soit qu'il s'agisse de police ou de gouvernement, ou même d'institutions de plus grande importance; celle-là sera toujours à leurs yeux la plus parfaite, qui a le plus d'opposition avec cette Eglise ; et celle-là est toujours souillée et flétrie, qui aura avec elle la plus petite apparence de rapport.
Les hommes étant sujets comme ils le sont à se tromper eux-mêmes, plus sujets à tromper le peuple, et plus sujets encore à calomnier leurs adversaires, il serait dangereux de les entretenir dans cette méthode de mesurer et de juger la perfection. Elle nous aurait