‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 206 sur 454 · Tome IV, page · texte numérisé non relu

Tome IV, page

Nous avons déjà observé que la première cause des controverses qui troublentl'Eglise, c'est l'irrégularité dans la conduite des évêques ; la seconde cause, c'est la nature et le caractère de certains personnages.

Il y aura toujours dans l'Eglise des hommes qui aiment à être appelés Rabbi [Matth., XIII, 7), c'est-à-dire maîtres; non pas que ces hommes aiment précisément les cérémonies, et soient fort llaliés d'un simple compliment : mais ils cherchent à fonder sur ce titre une autorité intérieure, à la faveur de laquelle ils puissent dominer sur les esprits, les obliger à vivre dans la dépendancede leurs opinions, et à ne se conduire que par leurs lumières.

Ces hommes sont de véritables successeurs de Diotrèphe, amateur delà primauté (Jean III,'), et ne sont point des éveques. Ils rencontrent facilement une autre espèce d'hommes qui s'attachent a eu* et qui mettent leur

gloire à en dépendre, quorum ghria in obsc- ' quio : esprits inflexibles et infi liment zélés pour ceux qu'une fois ils ont choisis pour maîtres. La plupart de ceux qui composent celte dernière espèce sontdes hommes jeunes,

d'un esprit superficiel Cependant ils ont

sans cesse dans la bouche les n)ms honorables de sincérité', de réforme, de discipline; et on ne peut se permettre quelques observations sur leurs disputes et leur faux zèle, qu'ils ne s'écrient aussi tôt qu'on a violé tout ce qu'il y a de plus saint. Ils prétendent que les démarches qu'on faiten vue de procurer la paix de l'Eglise, ne sont inspirées que par la chair et le sang.

Mais je n'en dis pas moins avec l'Apôtre, puisqu'il règne parmi nous un esprit de jalousie et de contention, n'èles-vous pas vousmêmes des hommes de chair? Cùm sit inter vos zclus et contentio, nonne carnales estis (Cor., III, 4) et quoique, à leur avis, ce ne soit que la sagesse et la politique humaine qui propose la conciliation des controverses, quoiqu'ils se croient eux-mêmes conduits par la sagesse qui est d'en haut, je dirai encore avec saint Jacques : ce n'est point la sagesse qui vient d'en haut, mais une sagesse terrestre, animale et diabolique ; parce qu'où il y a de l'envie et de la contention, là aussi se trouve l'inconstance et toutes sortes de mauvaises œuvres, non est ista sapientia de sursvm descendons, sed terrena, animalis, diabolica : ubi enim seins et contentio, ibi inconstantia et omne opus pravum (Jac, 111,36). C'est cette espèce d'inconstance qu'un saint père avait en vue, quand il a dit que ces gens-là cherchent toujours à avancer, non dans la perfection, mais dans l'innovation, procedere volunt non ad perfeclionem, sed ad permutationem.

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