‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 209 sur 454 · Tome IV, page · texte numérisé non relu

Tome IV, page

La quatrième cause de nos différends de religion (et cette cause a troublé aussi l'Eglise dès les premiers temps), c'est une affectation passionnée d'imiter les églises étrangères. II en est parmi nous qui, ayant pendant le temps de la persécution et depuis ce temps communiqué avec les Eglises étrangères, et pris une impression avantageuse de la forme de leur gouvernement, ont voulu forcer nos Eglises d'adopter celle forme.

Quand il serait \rai que la forme de gouvernement dans ces Eglises fût la meilleure, il est bien des conjonctures où il ne faut pas

chercher entre les biens quel est le meilleur en soi, mais quel est le meilleur pour nous et le plus à notre porlée : Non quoi optimum sed è bonis quid proximum. Notre Eglise n'est pas à établir, elle est établie, elle a un état fixe, qui repousse par conséquent les innovations.

Peut-être dans l'ordre politique le gouvernement républicain est préférable au gouvernement monarchique; mais quand même cela serait constant, on aurait grand tort d'en conclurequelesEtats où legouvernementmonarchiqueest légitimement établi, soient tenus de changer celle forme pour en adopter une autre. Celui qui introduit des habitudes mauvaises, résiste à la volonté de Dieu, révélée dans sa parole; celui qui introduit des nouveautés, résiste à la volonté de Dieu, révélée dans les choses elles-mêmes. Qui introducit mala, voluntatcm Dei oppugnat, revelalam in ver-bp, qui nova introducit, voluntatem Dei oppugnat, revelalam in rebus. Prenez conseil de la providence de Dieu, aussi bien que de sa parole, consule providenliam Dei cum verbo Dei.

Remarquez cependant qu'en parlant ainsi, je ne prétends pas reconnaître que la forme du gouvernement ecclésiastique qu'on propose de substituer à la noire, quand elle serait d'ailleurs possible et convenable, soit effectivement meilleure que la notre, si on retranche de celle-ci quelques abus. La parité et l'égalilé entre les ministres qui est la base de celle forme qu'on voudrait introduire), introduirait à son tour la plus horrible confusion dans l'Eglise...

Si on nous dit, regardez les fruits de ces Eglises étrangères, et comparez-les avec les fruits de la noire : je réponds à cela que je prie sincèrement le Seigneur de multiplier au centuple ses bénédictions et ses grâces surces Eglises... Je suis bien éloigné de vouloir jeter de l'ombre sur leur gloire; cependant les Iruils dont on nous parle sont peut-être comme des flambeaux allumés dans les ténèbres, qui, de loin, paraissent plus grands qu'ils ne sont en effet...

Quoi qu'il en soit, quand je considère les censures que quelques personnes ne craignent point de lancer aussi bien contre les particuliers que contre les Eglises, je me rappelle ce philosophe platonicien qui assurait que les vices de la partie irascible de l'âme, quoique moins éclatants, il est vrai, que ceux de la partie concupiscible, renfermaient plus de dépravation queces derniers; certèvitiairascibilis partis aninuc.sunt gradugraviora quart» concupiscibilis, tametsi occ.ulliora. Les contestations qu'ont eues anciennement les évéques en fournissent une grande preuve. Dieu veuille que nous puissions disputer avec les autres Eglises, comme la vigne avec l'olivier, c'est-à-dire disputer quelle est celle qui portera les meilleurs fruits ; et non pas comme la ronce avec le chardon, quelle est celle qui sera la plus infructueuse?

COMMENCEMENT ET PROGRÈS DES CONTROLER SES QUI TROUBLENT AUJOURD'HUI L'ÉGLISE D'ANGLETERRE. PROCÉDÉS TEU CHARITABLES DES DEUX PARTIS.

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